Super Trouper – Interview avec Flavio Restelli

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« Je ne veux surtout pas donner de spoilers ; je veux aider à comprendre… » C’était la première phrase de Flavio Restelli (Première année, programme français) lors de notre interview sur sa troupe de théâtre. Avec un peu d’hésitation, il a accepté de me parler de leur pièce de théâtre qui va nous être présentée durant la Semaine des Arts.

By Berke Alikaşifoğlu

Même s’il prétend qu’il est « chargé de rien », l’idée de départ pour cette pièce, qui est de « comparer l’histoire de Meursault et celle de Socrate », était celle de Flavio.

« J’avais mes doutes en proposant ce sujet » dit-il, « au début c’était mon mémoire de Baccalauréat.

J’avais travaillé sur l’Apologie de Socrate de Platon et L’Etranger de Camus. Après avoir entendu parler du club de théâtre, j’ai pensé à mettre mon mémoire sous forme de pièce. J’ai mis en place une équipe de quatre écrivains (Juliette Loisel, Hugo Roche Poggi, Adèle Maudeux et Théophile Lepage, tous en première année – programme français), on a commencé à faire des réunions chaque semaine pour transformer cette idée en spectacle. »

« Mon rôle est de gérer le débat entre les écrivains, transmettre l’esprit de la pièce » affirme Flavio en toute humilité quand je lui demande son implication dans le processus d’écriture. « On a commencé les réunions hebdomadaires en octobre et maintenant, depuis janvier, on se voit avec les acteurs aussi. A chaque séance, on fait du brainstorming et voit ce qu’on a écrit pour la semaine concernée. Chacun a écrit une scène au début, maintenant Hugo et Théophile travaillent majoritairement sur Socrate tandis que Juliette et Adèle se concentrent sur Meursault. »

Normalement, un travail divisé et partagé comme celui-ci apporterait des coupures, au moins des différences au sein du style et d’histoire. Flavio nous rassure sur ce sujet :

« C’est justement ça mon rôle. Je maintiens l’ensemble de l’histoire. Quant au style ; chaque scène a sa spécificité grâce à notre méthode de travail. Elles deviennent des interprétations de l’idée de départ. »

Parlons un peu de structure. Même si Flavio ne voulait pas donner beaucoup de détail, j’ai pu apprendre que la pièce se constituait de 3 grandes parties : « L’éloignement des deux personnages de leurs sociétés », qui nous amènera au « procès » et finalement « la condamnation ».

Pour éviter les spoilers, je vais seulement vous dire qu’on aura la chance d’examiner les différences mais en même temps les points communs de ces deux personnages au cours de ces trois parties.

Mais est-ce qu’on va voir les deux en même temps sur scène ? Cela reste ambigu pour l’instant. « Leurs histoires se croiseront » promet-il, « mais quand et comment ? Il faudra venir voir ! » Il demeure réticent à donner des détails sur la mise-en-scène et les acteurs ; cela aussi reste à voir.

Quant à Juliette Loisel, l’une des écrivaines dans ce projet, elle garde toujours l’enthousiasme qui l’a fait entrer dans cette troupe : « C’est très intéressant ce qu’on fait ici.

Chacun a sa propre manière à écrire mais cela rajoute à l’intérêt de la pièce ; ça donne un ensemble un peu hétéroclite au niveau de style mais quand même, on reste assez homogène quant au sens global.

Chaque scène a son propre message et avec des écritures différentes, je pense que ça permet non seulement de bien segmenter chaque scène mais aussi de rester bien cohérent. »

Notre thème de cette édition du Zadig, « doute », est bien cohérent avec le thème de la pièce. Quand j’ai demandé ses opinions sur ça, Flavio a répondu : « Le doute, c’est celui qui va caractériser nos protagonistes et en même temps, il sera la raison de la pièce qui se forme sur des procès. Pourquoi seront-ils jugés ? Parce qu’ils ont mis en doute les valeurs de leurs sociétés.”

Juliette propose une approche beaucoup plus concrète vis-à-vis du lien entre notre thème et la pièce : « Si tu parles de doute par rapport à notre entreprise d’écrire une pièce de théâtre en trois mois à quatre personnes qui n’ont absolument aucune expérience, oui ; c’est clair qu’on peut parler de doute ! (rires)

Il y avait un moment où l’on s’est regardé et demandé ce qu’on faisait avec tant de tâches mais ça va, on s’en sort ! »

Ça ne fait aucun doute que ces cinq jeunes écrivains nous promettent une pièce de théâtre passionnante. Je ne sais pas ce que vous en pensez, chers lecteurs, mais moi, j’ai hâte de les voir pendant la Semaine des Arts !

Berke Alikaşifoğlu

Born and bred an Istanbulite, the co-editor-in-chief of Le Zadig, Berke has grown up in socially divided, politically complex environment that is Turkey, and he decided to focus on his passion for social sciences.
Utilizing his wits and writing skills to give voice to the diverse mentonese Ummah,Berke can express himself in three and-a-halflanguages. Although he admits that his red, thick and gorgeous beard is a vital part of his charm, he doesn’t like to be reduced to only his facial hair. He can rock a beanie like no other and rumor has it, that he is the reincarnation of the great pirate Barbarossa, exploring the Mediterranean, and discovering new horizons.
Berke’s passion for music is a driving force in his life, and please don’t talk to him if you don’t like Pearl Jam. His heart can be won by nuanced talks on Kurdish regional politics, anything Marvel or DC.
Berke is single and he resides in rue longue and his door is always open for those who seek intellectual conversations and intoxicated company.
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