Allocution Solennelle sur Monaco

Peuple de France, l’heure est grave. Je m’adresse à vous, à coeur ouvert, pour vous faire part d’une décision historique, proposition de notre Gouvernement pour relancer la France sur les rails du progrès, redresser notre économie et notre nation trop souvent fragilisée.

Texte par Diego Filiu | Manipulation d’images par Jacquelyn Rudich

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De l’Ukraine au Caucase, du Moyen-Orient à la Catalogne, la reformulation des frontières a le vent en poupe. Les moyens diffèrent : armées étrangères d’un côté, référendum de l’autre ; infiltrations secrètes là-bas, négociations ici. L’objectif reste néanmoins inchangé: revivifier une nation en perte de vitesse par un combat commun.

Il est grand temps que la France rejoigne le mouvement. Car notre pays a besoin d’un projet fédérateur, capable de réunir son peuple autour des idéaux qui ont toujours fait sa grandeur. La France doit réapprendre à aller de l’avant, à inventer son futur, à poursuivre sa mission historique de progrès. La France a besoin, au delà d’un projet d’union, de ressources économique nouvelles, d’opportunités d’investissement. L’union, le souffle de l’histoire et les écus. Tout cela, Monaco peut lui offrir.

Ceci n’est pas un voeu pieux, une farce de bas étage. C’est un projet réaliste, hautement opérationnel et plein d’avenir. Car, on s’en doute, Monaco dépend entièrement de la France. Eau, gaz, médicaments… toutes les ressources indispensables sont fournies à la Principauté par notre cher pays. Et même des contributions économiques directes ! Que l’on se replonge dans les rapports d’informations de notre glorieuse Assemblée Nationale, notamment ceux écrits par l’irréprochable Jérôme Cahuzac, on y découvrira, écrit noir sur blanc, que “la France finance le budget de Monaco”. Depuis 1963 en effet, et la signature de la convention fiscale franco-monégasque, la Principauté perçoit pas moins de 150 millions d’euros annuels au nom d’un obscur reversement de TVA.

En effet, alors que les résidents monégasques ne sont pas exactement connus pour leurs fins de mois difficiles, la France leur garantit près d’un milliard de Francs par an. A titre de comparaison, c’est plus que ce que la France alloue pour le logement des personnes défavorisées. De même, cela correspond au budget de construction du spacieux Forum Grimaldi, joyaux de 70 000 mètres carrés en plein cœur de la Principauté. La France offre à Monaco, pays le plus riche du monde en termes de niveau de vie, un Forum Grimaldi par an. Le doute n’est donc plus permis : “Monaco s’enrichit grâce à la France”.

Monaco Prince's Palace

Monaco Eye, http://holiday.monacoeye.com/monaco_palace.php#, Nov 3 2014.

Mais cela serait contraire au droit international, diront les cassandres. Nulle démocratie qui se respecte ne saurait annexer un voisin, pays pleinement souverain et reconnu comme tel par la communauté internationale. Mais de quoi parle-t-on ? De quel droit ? Car en ce qui concerne l’illégalité, Monaco est expert en la matière. Le Rocher a de longue date contribué aux évasions fiscales des mafias tant françaises qu’italiennes – là aussi, les rapports de nos infatigables députés sont d’une aide précieuse.

Je l’affirme haut et fort, Monaco est bien un paradis fiscal. Oui, les banques installées à Monaco sont soumises au contrôle de la Banque de France. Au détail prêt que le secret bancaire est de mise, en l’absence de fichier centralisant les ouvertures de compte (même l’Italie, l’homme malade de l’Europe, s’est offert un tel système). Le contrôle bancaire est également loin d’être assuré : la parade magique du “secret professionnel” peut être invoquée pour bloquer toute poursuite, même dans les cas les plus flagrants — Monaco s’étant gardé d’adhérer à la Convention européenne d’entraide judiciaire en matière pénale, les pratiques illicites tolérées par le pouvoir monégasque demeurent le plus souvent impunies.

Mais une telle annexion serait également contraire au principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, me rétorqueront les sceptiques. Mais de quel peuple parle-t-on? Peut-on vraiment parler d’identité distincte dans un pays où nos compatriotes français surpassent en nombre les citoyens monégasques? Peut-on réellement développer une conscience nationale sur deux kilomètres carrés? Peut-on vraiment prétendre appartenir à un pays qui, afin de garantir son indépendance par les bons soins de la France, a renoncé aux villes de Roquebrune-Cap-Martin et de Menton en 1861 ? Quelles sont les fonctions d’une nation monégasque, exceptées celles d’un écran à l’évasion fiscale et aux dépenses indécentes ?

Pas de langue, pas de peuple, pas de monnaie, pas d’histoire commune. Et même pas d’institutions cohérentes, puisque le Ministre d’État monégasque, le détenteur du pouvoir exécutif après le Prince, a toujours été un citoyen français – par obligation d’abord, puis par nécessité après 2002 en l’absence de candidature monégasque digne de ce nom.

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Pas d’armée non plus, ni de corps diplomatique – les deux seules ambassades à Monaco sont sous pavillon français et italien. Pas de projet national. Pas de nation : un simple écran pour justifier les dépenses exceptionnelles qui échappent à toute taxation.

Cela serait techniquement impossible, s’indigneront mes détracteurs. Affirmer cela serait se méprendre grandement sur la nature des relations internationales contemporaines. Qui, en effet, ose encore s’indigner de l’annexion de facto de la Crimée par la Russie ? Les commentateurs peut-être, les journalistes aussi, mais sûrement pas les décideurs politiques. Qui oserait ramener l’État d’Israël dans ses frontières légitimes, avant les acquisitions militaires de 1967 ? Sûrement pas ceux qui seraient en mesure de le faire sur la scène internationale. Bien évidemment, les critiques pleuvront sur notre gouvernement. Mais cela serait-il différent de la situation actuelle? Et puis, quelques années plus tard, les faits se seront établis, la légalité transformée en légitimité, et la France renforcée d’une épreuve tombée à point nommé.

Enfin, certains questionneront le bien-fondé de l’opération, alors que les relations entre la France et Monaco sont depuis longtemps radieuses. Que nenni. Le dernier acte de provocation en date de la part des arrogants Monégasques ? La proposition du Prince Albert II à ma personne, Chef de l’État Français, de me prêter au jeu du “Ice Bucket Challenge”. Indigne. Irrespectueux. J’ai beau être un Président normal, je ne peux tolérer un tel outrage.

Mais au-delà de cela, les relations entre la France et Monaco sont loin d’avoir toujours été au beau fixe. Rappelons nous de l’insolence du Prince Rainier qui, en 1962, avait congédié le Ministre d’Etat Emile Pelletier, avec comme toile de fond la création par le Souverain « d’un paradis fiscal à Monaco attirant sur son sol les contribuables fortunés désireux d’échapper à l’impôt sur le revenu ».

Rappelons nous que le Général de Gaulle, indigné par cette décision brutale prise sans consultation aucune avec les autorités françaises, avait imposé un blocus sur la Principauté, menaçant par ailleurs de couper les vivres au Rocher. C’est cette puissance de décision, cette passion pour la France de l’illustre Général que nous devons retrouver.

Par ailleurs, bien loin de susciter un tollé international et une crise majeure, le blocus de 1962 avait permis à la France de faire efficacement avancer ses intérêts. L’insolent Prince Rainier, après la déclaration du Premier Ministre Couve de Murville annonçant le début du blocus, s’était en effet repris, affirmant que “plus que toute autre, un petit pays a besoin de marques de considération, de confiance”. Joignant l’acte à la parole, le Prince accepta ensuite d’assujettir les résidents français de Monaco à l’impôt sur le revenu en France. La fin d’un immense manque à gagner pour l’État Français. Et à quel coût ? “Si Monaco nous emmerde, on fait un blocus, rien de plus facile, il suffit de deux panneaux de sens interdit, un au Cap d’Ail et un second à la sortie de Menton” avait subtilement déclaré mon prédécesseur De Gaulle.
Français je vous en conjure : rien ne peut justifier le maintien de cette situation absurde.

Français, un Rocher doré est à nos portes, biberonné de notre argent public et refusant d’abolir le secret bancaire.

Français, l’existence de la Principauté de Monaco est une insulte à votre travail acharné pour le progrès de notre pays.

Français, l’existence de la Principauté de Monaco est un affront aux idéaux de notre Révolution, de notre République, de notre Nation.

Français, ce soir même, l’existence de la Principauté de Monaco sera abolie.

Vive la République, et vive la France !

Diego Filiu

Diego is a French nationalist at heart who also happens to have the American citizenship, therefore he is caught between the two worlds of socialism - and swagness. He has an acute sense of spirit when it comes to supporting... “valeurs de la Republique”
Diego Filiu

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