Carnets de Palestine: 16 Juillet

Je suis en Palestine. Tout l’été, de Jérusalem à Hébron, de Nablus à Ramallah, je suis le témoin d’une violence qui nous dépasse tous. Mais également d’instants de grâce, de bonheur au coeur de la haine réciproque. Je vous écris de Palestine.

Texte et photographies par Diego Filiu

Depuis, la bande de Gaza a été pilonné inlassablement par les roquettes Israéliennes. Cette opération « de défense » à, au moment de l’écriture de ce texte, coûté la vie à plus de 200 palestiniens. Des femmes, des enfants, des vieillards. Les leaders israéliens, en dépit de ce massacre effroyable, n’ont pas réussi à faire cesser les tirs sur l’Etat hébreu. Plusieurs dizaines de roquettes sont tirées chaque jour depuis la bande de Gaza, et ne font qu’augmenter le bellicisme de la population israélienne. A Hébron, où je me suis rendu le 15 juillet, les roquettes qui s’abattent sur Israël constituent un fond sonore qui ne surprend plus personne.

Côté israélien, des voix de plus en plus nombreuses se prononcent pour une opération terrestre. Le but ? Anéantir définitivement le Hamas. On se souvient de la précédente tentative d’Israël de réduire à néant une menace terroriste: c’était au Liban en 2006. Le résultat ? Plus de 1000 civils libanais ont trouvé la mort, rendant au Hezbollah une aura de résistance qu’il avait depuis longtemps perdu. Du coup, c’est tout un peuple qui s’est réuni autour du Parti de Dieu, et contre un Etat hébreu capable de venger le kidnapping de deux soldats dans le sang de centaines de civils innocents.


  «A Jérusalem, l’espoir est perdu. Les cessez-le-feu en trompe l’œil ne trompent personne.»


Hier, un nouveau sommet d’horreur a été atteint. Devant des dizaines de caméras, les mortiers israéliens ont visé à deux reprises une bande d’enfants jouant sur la plage de Gaza. Un premier mortier s’abat sur le port avant qu’un second ne fauche les enfants qui tentaient de s’enfuir. Du jamais vu. Les condamnations internationales ne se sont pas fait attendre. Mais, en terme opérationnel, rien n’a changé. C’est comme si les grands de ce monde oubliaient volontairement l’étendue de leur pouvoir : aucune mesure forte n’a été prise pour sanctionner la politique du pire d’Israël, et ce en dépit des innombrables manifestations de soutien au peuple palestinien à travers le globe. Une seule exception : le Chili, qui a coupé ses relations commerciales avec l’Etat hébreu…

Jérusalem Vieille Ville, 16 Juillet 2014. Par Diego Filiu

Des colons juifs dans la vieille ville de Jérusalem, 16 Juillet 2014. Par Diego Filiu

A Jérusalem, l’espoir est perdu. Les cessez-le-feu en trompe l’œil ne trompent personne. La haine se répand. Les israéliens affirment qu’aucun pays du monde ne tolérerait un barrage de roquette constant sur son territoire, pleurant leur unique victime du conflit. Les colons paradent, le M16 en bandoulière, à travers la vieille ville. Les palestiniens s’insurgent, s’insurgent de leur isolement, de notre complaisance avec Israël. Lorsque je dialogue avec eux, je ne peux m’empêcher d’avoir honte de notre inaction. Un peuple meurt, nous tergiversons. Lorsque des dizaines de civils tombent chaque jour, ce n’est plus de débattre dont nous avons besoin. Non, Israël n’a pas le droit de se défendre au prix de centaine de vies civiles. Non, Israël n’a pas le droit de détruire Gaza au nom de sa propre sécurité nationale. Cela doit cesser. Cela peut cesser. L’aube se lèvera sur la Palestine.

Diego Filiu

Diego Filiu

Diego is a French nationalist at heart who also happens to have the American citizenship, therefore he is caught between the two worlds of socialism - and swagness. He has an acute sense of spirit when it comes to supporting... “valeurs de la Republique”
Diego Filiu

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