Cinema: de la qualité, s’il vous plaît

Par: Yasmine Bachouchi

Avec l’explosion de la technologie et  l’effervescence des moyens de production, le panel des choix de films est plus large que jamais, mais notre exigence reste encore élevée. Nous nous sommes rendus compte que visionner un film n’est pas une occupation en cas d’ennui ou de fatigue, c’est une activité à part entière, et n’oublions pas qu’il s’agit du septième art.

Evidemment, nous sommes passés par une période de confusion où les grandes productions hollywoodiennes, ces chers blocbkusters, envahissaient nos écrans, et arrivaient même à fasciner le public, à travers l’illusion d’effets spéciaux, héroïsants certes pour les personnages, mais abrutisants pour le public. Les acteurs, toujours bien apprêtés,  vertueux, courageux, un tant soit peu rebelles pour mettre du piment, émotifs pour le plaisir des demoiselles, impitoyables pour les messieurs

Mais l’époque de ces produits clichés est désormais révolue, peut-être que le public se lasse de cette même histoire qui se perpétue depuis plus d’une décennie, ou peut-être bien qu’on attend plus d’un film que d’être un simple film. On veut une histoire, on veut de la profondeur, et on veut surtout une leçon. L’industrie du cinéma s’est focalisée sur la forme, un bon point pour l’illusion, mais une perte certaine pour le fond.

Les blockbusters hollywoodiens se voient désormais détrônés par des productions plus «sérieuses», des films dont on sort instruit.

Un exemple simple et parlant, Very bad trip 3 VS Lincoln, une énième comédie hollywoodienne contre un long-métrage plus «sérieux», une recette de 112 000 000 de dollars contre 250 000 000, c’est remarquable.

Alors sommes-nous en train de nous diriger vers une nouvelle ère cinématographique, où les productions ont un sens, une portée, et surtout une longévité. Il faut pour cela se poser une question: est-ce que je verrais ce film dans trente ans, m’apportera-t-il toujours quelque chose? S’il s’agit d’un passe temps inutile, la réponse sera évidemment non, mais si le film en question est une oeuvre, en fond comme en forme, la réponse sera positive. Les oeuvres d’art, les vraies, n’ont pas de date de péremption, nous voulons de l’art et non des produits de consommation, le public concerné par les productions cinématographiques doit être considéré comme étant intelligent.

L’industrie cinématographique du début du XXIème siècle n’est plus, nous entrons dans une ère d’art cinématographique, un cinéma un tant soit peu plus humain, plus réfléchi, plus profond, et surtout, espérons-le, plus durable.

Le monde bouge, le monde change, nos principes et nos attentes restent fidèles à eux-mêmes. Pour l’exigence vis-à-vis du cinéma, un retour aux sources probablement, et surtout, une Révolution en bonne et due forme, où la majorité, ici le public, choisit de changer le cours des choses, et d’imposer son choix.

Bien entendu, ne nous méprenons pas, les «superproductions» hollywoodiennes sans âme ont encore quelques beaux jours devant elle, mais l’essentiel est qu’une conscience collective est en train de prendre forme, une conscience fondée sur la qualité, et sur le désir d’un art cinématographique à part entière, qu’on soit amateur ou véritable cinéphile.

A suivre…

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