[Dossier 2/8] Mise à l’agenda politique de Menton

Inauguration des locaux de l’hospice Saint-Julien en 2011. De gauche à droite, Jean-Claude Guibal, Bernard El Ghoul, Richard Descoings, Jean-Michel Devret et Eric Ciotti © Royal Monaco.net

À la journée portes ouvertes du 16 novembre 2019, la vénérable responsable pédagogique Lamiss Azab avait attiré l’attention de son auditoire pendant l’allocution de présentation de Madame Yasmina Touaibia, nouvelle directrice du campus de Menton, en déclarant qu’il s’agissait là du « campus le plus politique ». Différents éléments convergent en effet à situer le campus de Menton dans des sphères d’influence. Ce phénomène a néanmoins décru et l’ampleur relative de l’attractivité de Menton ne permet pas de la rapprocher d’un « Davos de la Méditerranée », si ce n’est dans sa dimension symbolique.

Enjeux institutionnels

            Il est bien sûr impossible de quantifier l’importance du campus de Menton aux yeux des cercles décisionnels publics et privés. Nous pouvons cependant en saisir une certaine portée en se penchant sur la liste des personnalités invitées aux rentrées solennelles, ce qui donne au moins une idée des enjeux de représentation.

Inauguration des locaux de l’hospice Saint-Julien en 2011. De gauche à droite, Jean-Claude Guibal, Bernard El Ghoul, Richard Descoings, Jean-Michel Devret et Eric Ciotti © Royal Monaco.net

De cette manière, à la première rentrée solennelle dans les nouveaux locaux de Saint-Julien en 2011, l’entreprise pétrolière et gazière privée Total et le Ministère des Affaires étrangères français étaient respectivement représentés par Xavier Preel, directeur Moyen-Orient de la multinationale, et Patrice Paoli, directeur Afrique du Nord/Moyen-Orient au sein du Ministère. Des diplomates américains étaient également présents, comme Philips Richards, consul des Etats-Unis à Marseille, et Johnnie Jackson, représentant de l’ambassadeur en poste à l’époque, Charles Rivkin. À l’échelle des Alpes-Maritimes, le préfet Jean-Michel Devret et le président du Conseil général Eric Ciotti étaient également présents. En tout, on dénombrait à cette occasion une centaine de personnalités ; élus, militaires, chefs d’entreprise ou encore présidents d’association étaient en bonne place dans le principal amphithéâtre. Par le biais d’une telle liste, le campus démontrait son ancrage local assorti d’une ambition internationale certaine.

Cette affluence s’explique certainement par le fait qu’il s’agissait là de l’inauguration des nouveaux locaux, soit l’occasion pour tous les partenaires publics et privés de se manifester. Cependant, 2011 est également une année où le Moyen-Orient est plus que jamais au cœur de l’actualité en raison du développement des Printemps arabes. Le campus redoublait alors d’intérêt pour les décisionnaires publics et privés ayant trait à la région de spécialisation, comme le prouvent les premiers noms cités. Par ailleurs, les nouveaux locaux du campus sont paradoxalement inaugurés près d’un an après la fermeture de la chaire Moyen-Orient – Méditerranée de Sciences Po, qui avait en quelque sorte enfanté le campus.

Évidemment, il est difficile pour moi de mener une analyse poussée sur la seule base des différents invités en place dans les représentations officielles, d’autant plus que toutes les rentrées solennelles ne sont pas documentées. Néanmoins, nous noterons la présence en 2014 de Senen Florensa, président du Comité exécutif de l’Institut européen de la Méditerranée (IEMed) ainsi que Fawaz A. Gerges, professeur de relations

Les nouveaux locaux du campus sont paradoxalement inaugurés près d’un an après la fermeture de la chaire Moyen-Orient – Méditerranée de Sciences Po, qui avait en quelque sorte enfanté le campus

internationales à la London School of Economics (LSE). En bref, sans se prononcer outre mesure, nous ne pouvons rien conclure quant à une baisse de l’attention accordée au campus dans les milieux décisionnels, d’autant plus qu’il serait naïf de se fier uniquement à l’aspect officiel. Un enseignant m’a ainsi confié qu’« en très hauts lieux [du gouvernement], on s’intéresse à ce campus », ce qui pourrait notamment être consécutif à la fermeture de la chaire.

Des mécènes discrets dans l’ensemble

Sans rentrer dans les détails financiers, le campus est une institution mixte au même titre que Sciences Po dans son ensemble, et reçoit donc tant des fonds privés que publics. La question des mécénats privés du campus de Menton reste un angle mort de mes recherches. La liste des entreprises partenaires est certes disponible sur le site officiel de Sciences Po, mais ne précise pas des spécificités ou des montants alloués par campus. En plus d’une documentation quasi inexistante, je n’ai pas pu conduire d’entretiens avec les membres de la direction du campus dans le temps que j’escomptais pour la rédaction de cet article et une autre source qui m’aurait été utile à ce sujet n’a pas donné suite à la relance de mes questions.

Le partenaire sans doute le plus visible du campus est le groupe Chalhoub, leader dans le domaine du luxe Moyen-Orient. Quiconque fréquente assidûment la bibliothèque du campus, et je sais que nous sommes nombreux, aura remarqué les plaques en verre en anglais, français et arabe qui trônent devant les livres gracieusement mis à disposition par le groupe. On retrouvait également Patrick Chalhoub, PDG du groupe, à la rentrée solennelle du 4 septembre 2015 de célébration des 10 ans du campus. Selon le site de Sciences Po, l’entreprise fondée en Syrie fait partie du Cercle Emile Boutmy des mécènes, ce qui traduit un investissement à hauteur de plus de 100 000 euros. Cet engagement concerne Menton dans la mesure où des bourses peuvent être accordées à des étudiants possédant la nationalité des pays du Moyen-Orient de l’Egypte jusqu’à l’Irak en passant par le Golfe. Le montant alloué est de 12 300€ par an, prioritairement aux étudiants primo-arrivant à notre campus, ainsi qu’au master, pour une durée de respectivement trois et deux ans.

À vrai dire, c’est le partenariat Total-Sciences Po qui refait régulièrement surface sous la pression d’associations écologistes du campus parisien (Sciences Po Zéro fossile et Sciences Po Environnement) qui militent pour le tarissement de la source de financement pétrolière en direction de l’établissement. La direction de Sciences Po a confirmé à ces associations que le premier mécénat a été établi en 2005, une date qui coïnciderait avec la création de la chaire Moyen-Orient – Méditerranée. Un partenariat stratégique a ensuite été conclu pour une durée initiale de 2 ans. Ce dernier est publiquement adressé à la procédure Convention Éducation Prioritaire de Sciences Po (CEP) ainsi qu’au financement de bourses d’étudiants internationaux du campus Europe – Afrique de Reims. Les associations écologistes nommées précédemment dénoncent l’ « extrême opacité sur les chiffres de ce partenariat », selon elles d’un montant d’environ 300 000 euros. De son côté, Sciences Po répond que la part du financement alloué

Patrick Chalhoub, PDG du groupe Chalhoub interrogé par la chaîne YouTube de Sciences Po à l’occasion de la rentrée solennelle de 2015 (c) Sciences Po

par Total représenterait 0,1% du budget total de l’établissement et soutient que « l’utilisation des financements est transparente » et « servent quasi exclusivement à financer des bourses d’excellence et de mérite ». Les sources sont trop peu nombreuses pour conclure sur l’importance du financement de Total par le passé pour le campus Moyen-Orient – Méditerranée. Une

La liste des entreprises partenaires est certes disponible sur le site officiel de Sciences Po, mais ne précise pas des spécificités ou des montants alloués par campus

tribune datant de 2009, signée par une mystérieuse Laurence, rapporte qu’un cocktail Total se tenait alors chaque année à Menton et était assorti d’une « présence de tous les élèves recommandée ». De plus, quel crédit accorder à ce même article, qu’aucune autre source ne recoupe, lorsqu’il rapporte le témoignage d’une ancienne élève du campus selon laquelle « les étudiants du Golfe sont mis en avant et présentés individuellement à Total : les Saoudiens, les Emiratis… » ? Faute de temps, je n’ai pas pu contacter Total mais j’imagine que le groupe se fera un plaisir de répondre aux prochains journalistes du Zadig se penchant sur cette question. Il est néanmoins certain que des étudiants originaires des pays du Golfe étaient scolarisés au campus pendant ses premières années, ce qui est à lier aux nombreux efforts de promotion du programme Moyen-Orient – Méditerranée de la part de Sciences Po dans les pays de la zone.

Une promotion internationale du campus

            Sciences Po a toujours mené activement une campagne internationale de promotion du campus de Menton, ce qui a contribué à renforcer son maillage institutionnel et la diversité de ses promotions. Outre des oraux qui peuvent se dérouler au Caire comme à Casablanca, des délégations d’officiels de l’établissement se rendent régulièrement dans les lycées de la francophonie. Kenza Aloui, étudiante en 2008 et 2009 à Menton et désormais en charge aux côtés de son amie de promotion Inès Weill-Rochant du cours Arts engagés en Israël et Palestine : imaginer un futur pour la Terre Sainte, se souvient avoir été informée de l’existence du campus de Menton lorsqu’une telle délégation s’est rendue au lycée français Descartes de Rabat, où elle était alors scolarisée. Dans cette logique de promotion, Bernard El Ghoul et Ruth Grosrichard, alors directrice adjointe des relations internationales, se sont déplacés à Beyrouth en 2006. On peut évidemment supposer que d’autres déplacements de la sorte ne sont pas documentés.

            Surtout, l’effort le plus proactif de promotion du campus à ses débuts a peut-être été effectué par Gilles Kepel dans les pays du Golfe. Des étudiants de cette région composaient alors une informelle Gulf Track, dont 7 étudiants saoudiens la première année, pédagogiquement distincte du tronc commun suivi par les francophones. Ces étudiants arrivaient avec un niveau de français « limité » selon différents enseignants que j’ai interrogés à ce sujet, et suivaient une scolarité généraliste de trois ans. Au cours de leur expérience mentonnaise, ils assistaient aussi bien à des cours de français, notamment dispensés par Frédéric Houam, toujours enseignant de FLE (Français comme Langue Étrangère) à Menton, qui m’a fait état d’étudiants en difficulté avec la méthodologie, mais aussi avec les exigences du commentaire et de la dissertation à la française. La présence de ces élèves suscitait l’étonnement de certains enseignants, comme ceux dépêchés du lycée Masséna de Nice par exemple, pour qui les travaux de ces étudiants contrastaient avec les représentations qu’ils se faisaient des standards méthodologiques de Sciences Po. En outre, des cours généralistes

Sciences Po a toujours mené activement une campagne internationale de promotion du campus de Menton, ce qui a contribué à renforcer son maillage institutionnel et la diversité de ses promotions

dispensés en arabe par Gilles Kepel et Stéphane Lacroix complétaient ce cursus. Ce dernier dispensait en particulier le cours « Introduction à la sociologie politique » ainsi que « Le Moyen-Orient au 20e siècle » l’année 2006-2007, bil foṣḥā ṭabʻān. Frédéric Houam retient néanmoins des « choses innovantes » de la part de ces étudiants du Golfe, qui constituaient « une force de proposition » au niveau de suggestions d’intervenants extérieurs par exemple.

De notre œil extérieur, il apparaît assez clairement que ces étudiants n’ont pas été admis principalement pour leur profil académique ; leur recrutement s’inscrivait dans une logique de rapprochement entre les pays du Golfe et la France, a minima la promotion de Sciences Po dans la région. « Très peu d’étudiants du Golfe viennent étudier en France. Traditionnellement, ils partent dans les pays anglo-saxons » comme le souligne Stéphane Lacroix, enseignant au campus depuis sa création. Il ajoute que « dans les années qui ont suivi le 11 septembre, le climat de défiance aux Etats-Unis avait fait que les flux s’étaient un peu redirigés vers d’autre pays européens, et Sciences Po avait su en profiter ». Aussi, un témoignage d’une étudiante saoudienne sur la brochure officielle de présentation du campus rapportait que les femmes n’étaient pas encore autorisées à étudier la science politique dans leur royaume d’origine. Ces éléments convergent à expliquer que l’entreprise de Gilles Kepel a été couronnée de succès. Il a certainement pu compter sur le soutien de Bernard El Ghoul, ayant soutenu sa thèse consacrée à Doubaï (De la Cité Marchande à la Cité Globale : pouvoir et société à Doubaï, Sciences Po, 2003) sous sa direction et qui, avant d’être nommé directeur du campus en 2005, était en poste à l’ambassade de France à Abu Dhabi. En lisant entre les lignes, une véritable formule sur mesure a été mise en place à Menton pour les recrues en provenance du Golfe. Néanmoins, cette dynamique semble s’être essoufflée, en particulier avec l’Arabie Saoudite. Dans notre entretien, Gilles Kepel raconte qu’une erreur de cartographie dans l’ouvrage de Stéphane Lacroix (Les islamistes saoudiens. Une insurrection manquée, 2010), publié dans la collection « Proche-Orient » qu’il dirigeait aux Presses Universitaires de France, a jeté un froid dans ses relations personnelles avec le royaume. S’il s’agissait sans doute d’un « prétexte » comme il le concède, il n’en soutient pas moins qu’il a été « interdit de séjourner en Arabie Saoudite ». Aujourd’hui, on retrouve dans les rangs de la promotion passant en troisième année huit étudiants, francophones et anglophones, issus de lycées internationaux des Émirats arabes unis. À cet égard et sans tirer de conclusion hâtive, nous sommes en mesure de rappeler l’attachement et l’assise de Bernard El Ghoul dans ce pays du fait de son précédent poste.

Par-delà les murs du campus, une nouvelle importance de Menton

Plus encore, la nature du lien formé à l’initiative de Gilles Kepel a par la suite dépassé le cadre de la coopération universitaire stricto sensu pour aboutir à la venue de décisionnaires politiques à Menton dans le cadre du forum Euro – Golfe, extérieur à Sciences Po. Dans une certaine mesure, cela a contribué à « mettre Menton sur la carte », selon une formule chère au professeur qui se surnomme aquel magnan del paï di gwo (« l’enfant du pays  »), quand ce n’est pas ibn al balad.

Il me raconte que le premier forum Euro – Golfe a eu lieu en juin 2005 et coïncidait avec le lancement du campus. Ce colloque avait réuni des personnalités de premier plan, dont Cheikha Moza, épouse de Hamad ben Khalifa Al Thani (émir du Qatar de 1995 à 2013), mais également le prince saoudien Turki Al Faysal, notamment créateur de la fondation Faysal (du nom de son père), qui « avait accueilli en Arabie […] la plupart des étudiants dont Stéphane Lacroix, à ma demande, pour faire leur thèse » comme le précise Gilles Kepel. On retrouvait également à cette occasion, entre autres, Hubert Védrine, Ghassan Salamé –  la source que je ferai figurer en annexe récapitule l’intégralité des intervenants. Il s’agit là de l’évidence la plus claire du cadre politique dans lequel peut s’inscrire le campus. Par la suite, le forum Euro – Golfe s’est de nouveau tenu à Riyad, puis à Venise où l’on retrouvait notamment Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères. La dernière édition qui devait se tenir au Koweït n’a pas eu lieu, ce que Gilles Kepel m’explique par les difficultés financières des soutiens privés de l’initiative au moment de la crise de 2008.

Preuve de la plateforme que Menton a pu constituer, il s’est tenu le 28 et le 29 mars 2009 une conférence, dont la confidentialité n’est pas documentée, au sujet des « expériences françaises et britanniques en matière de lutte contre l’extrémisme et le terrorisme dans le contexte d’une société multiculturelle britannique, ou d’un modèle intégrationniste français ». Cet événement rassemblait des représentants du Office for Security and Counter-Terroism, un organisme du Bureau de l’intérieur du Royaume-Uni, du Bureau des Affaires étrangères et du Commonwealth, de la London School of Economics, leurs homologues français ainsi que le chercheur britannique Ed Husain, fondateur du think tank Quilliam consacré aux questions de « contre-terrorisme », qui rapporte avoir répondu à l’invitation de Gilles Kepel.

Tous ces éléments reflètent ce qui documenté sur internet ou ce qui m’a été rapporté durant mes entretiens. D’autres rassemblements de la même nature se sont certainement tenus sans qu’ils ne laissent pour autant d’archives. Nous mentionnerons tout de même la présentation de l’Annuaire IEMed 2018, organisme notamment partenaire du Gouvernement de la Catalogne et du ministère espagnol des Affaires étrangères. En résumé, la ville de Menton, par l’accueil d’un campus de Sciences Po et la tenue concomitante de colloques internationaux. De là à soutenir aux côtés de Jean-Claude Guibal que « ce campus devient une référence au niveau universitaire mondial sur la Méditerranée », il n’y a qu’un pas,  que nous ne franchirons néanmoins pas du fait des moyens accordés à ce petit article et de la documentation limitée disponible. Néanmoins, nous pouvons supposer que le repli progressif de Gilles Kepel de Sciences Po à partir de 2010, in extenso de Menton, a eu un impact sur l’attractivité de la ville en tant que forum méditerranéen. Loin de moi l’idée de faire reposer tout un édifice institutionnel sur un seul professeur, aussi renommé soit-il. J’imagine cependant que les réseaux engrangés au cours de la carrière académique de Gilles Kepel ont pu être extrêmement utiles au

Le premier forum EuroGolfe a eu lieu à Menton en juin 2005 et coïncidait avec le lancement du campus

campus. De manière évidente, je n’ai pas la capacité de me prononcer sur les probables défauts et dysfonctionnements non documentés qui sont toujours le lot des administrations partout dans le monde, le précisant particulièrement à mes amis issus du programme anglophone qui semblent en faire un mal endémique à la France. L’établissement a tout à fait pu survivre à la fin des « années Kepel », et Bernard El Ghoul pouvait faire valoir une certaine légitimité à s’exprimer sur des sujets touchant de près ou de loin à la zone de spécialisation de son campus. Tout d’abord, son nom est parfois apparu de temps en temps dans les médias francophones et arabophones sur des questions géopolitiques. En ce qui concerne les cercles politiques, il a notamment pris la parole aux sessions plénières du réseau des villes EuroMed en 2012 et 2016, et a été convié aux échanges informels du Monaco – US Economic Forum, auxquels prenaient aussi part l’Association des Consuls Honoraires de Monaco. Yasmina Touaibia pourrait très bien bénéficier de ce statut, et Gilles Kepel citait par exemple une prise de parole possible au forum Moyen-Orient – Méditerranée de Lugano, du fait de l’expertise de la nouvelle directrice sur le Hirak algérien.           

  Ceci dit, le rôle primordial dont dispose le campus réside certainement dans les promotions qu’il forme. Contacté par le Zadig, Jean-Pierre Filiu confirme que le campus revêt une importance politique « dans le sens le plus noble du terme […], celui d’un environnement privilégié en bord de Méditerranée, pour en comprendre les enjeux que l’on soit ou non originaire de cette région ». Surtout, Bernard El Ghoul a déjà évoqué dans ces colonnes comme à nos homologues de Sciences Polémiques que l’objectif principal assigné par Richard Descoings à l’antenne mentonnaise était de « faire travailler des étudiants français et européens avec des étudiants venus des rives sud et est de la Méditerranée » et de « former ensemble des jeunes du monde entier qui vont développer des liens d’amitié et des connivences intellectuelles, et la convergence de ces deux sous-objectifs doit permettre, on l’espère dans 15 ou 20 ans quand chacun de nos étudiants occupera des postes de responsabilité, de contribuer à faire tomber les barrières de la méconnaissance ». En des termes moins sophistiqués, il s’agissait de créer une Oumma. Sciences Po s’est-il donné les moyens de ses ambitions ?

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Alban Delpouy

Bonjour ! Je m'appelle Alban Delpouy et j'entame cette deuxième année loin de ma chère Réunion. Je suis ravi d'occuper le rôle de directeur de publication de ce nouveau cru du Zadig. Par ailleurs, je serai en charge du site Internet de votre journal préféré. J'attends de pied ferme vos articles, que je me ferai un plaisir (ou pas) d'éditer !

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Alban Delpouy

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