En Marche! Pensées de fin de campagne

Emmanuel Macron, célébrant une victoire au premier tour

Par Hugo Petit-Jean, En Marche Sciences Po Paris Campus de Menton.

J’écris cet article à propos du premier tour. Contrairement au dernier article que j’avais écrit pour Le Zadig, où je m’efforçais de garder un point de vue le plus objectif possible sur la situation, je conserverai mon point de vue militant pour En Marche dans les prochaines lignes.

La campagne est en dernière ligne droite et touche à sa fin. Les deux candidats qui s’affronteront au second tour sont Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Revenons sur cette campagne.

J’ai adhéré à En Marche il y a un peu plus d’un an, dès sa création, car les principes sur lesquels il s’est fondé correspondent à mes idéaux. A partir de la rentrée, j’ai pu vivre la campagne sur le campus et à un niveau local.

Au début, ce mouvement provoquait principalement de la curiosité auprès des étudiants. A l’époque où la présidentielle semblait jouée d’avance, où peu de personnes auraient douté de la succession d’Alain Juppé à François Hollande, le mouvement En Marche suscitait un intérêt plus par sa jeunesse et sa capacité à mobiliser.

En Novembre, avec la victoire de François Fillon à la primaire de la droite, un nouvel intérêt est né pour ce mouvement. Ce nouvel intérêt se fondait sur le rejet du projet de François Fillon, notamment concernant ses propositions de suppression de nombreux postes de fonctionnaires et un allongement de la durée du travail.

Aux mois de janvier et février, une troisième vague d’intérêt pour le mouvement est propulsée par deux événements. Premièrement, la défaite de Manuel Valls à la primaire de la Belle Alliance Populaire (qui, si on y pense à posteriori, n’est ni allianceni populaire, le terme belle étant à discuter). Alors, un certain nombre d’électeurs ne s’est pas vu reflété par le projet de Benoît Hamon, jugé trop à gauche, et a rejoint le mouvement. Le deuxième est bien évidemment les affaires juridiques de François Fillon qui, après un premier rejet de son projet, ont provoqué un rejet de sa personne.

Au début, ce mouvement provoquait principalement de la curiosité

Dans ces circonstances, le mouvement En Marche a grandi, et Emmanuel Macron s’est peu à peu imposé comme le favori de l’élection. Il a également commencé à faire l’objet de nombreuses critiques et d’attention médiatique. Les critiques ont parfois été grossières. Par exemple, l’équipe de campagne des Républicains relayait récemment une enquête de l’institut Montaigne, en modifiant le chiffrage du programme d’En Marche, pour indiquer que seul le programme de François Fillon peut être financé. Je ne déplore pas toutes les critiques. Si je devais résumer la campagne électorale sur ce campus, ce sont avant tout des débats d’idées de grande tenue aux heures des pauses déjeuner qui ont rythmé l’année. Car, si de plus en plus de personnes ont adhéré (par conviction ou par défaut) au projet, de plus en plus s’en sont également écartées. Durant cette année, En Marche s’est fait connaître pleinement, et la curiosité des premiers mois a laissé sa place à des points de vue clairs sur le mouvement.

Je vais maintenant tenter d’expliquer les votes Macron. Selon une des dernières enquêtes du CEVIPOF, l’électorat d’En Marche se divise en parts presque égales entre ceux qui voteront par conviction et ceux qui voteront par défaut.

Comme je l’ai dit ci-dessus, le vote par défaut est en grande partie, selon moi, dû aux primaires qui ont désigné des projets très marqués dans leurs camps. D’autant plus que quand on s’intéressait aux hommes politiques en vue pour cette présidentielle il y a un an, on s’intéressait plus à Alain Juppé et Manuel Valls qui représentaient eux une vision plus modérée. La combinaison des candidats sortis des primaires, et de la demande conséquente de candidats modérés, ont été architectes de ce vote ‘par défaut’ pour Emmanuel Macron.

Ainsi, si Emmanuel Macron est élu, on pourrait avoir un médecin ministre de la santé, ou un professeur ministre de l’éducation.

Le vote par adhésion s’appuie, je pense, en grande partie sur la volonté de renouveau. Contrairement à ce que pourraient laisser penser les nombreuses campagnes de tous les autres candidats, En Marche représente un renouvellement du personnel politique. La meilleure réponse est toujours de souligner les faits, et quand François Fillon ou Benoît Hamon critiquent un grand nombre de personnes ayant annoncé leur intention de voter En Marche ; Emmanuel Macron répond par les faits, 50% de candidats aux élections législatives seront issus de la société civile, et 50% des ministres seront également issus de la société civile – et surtout, ce seront des ministres qui auront une vraie légitimité dans le domaine qui leur sera attribué. Ainsi, si Emmanuel Macron est élu, on pourrait avoir un médecin ministre de la santé, ou un professeur ministre de l’éducation.

Le vote par adhésion se base également sur le rassemblement entre les différents courants politiques. Trop longtemps on a cherché à nier les convergences sur certains sujets entre les deux structures géantes de la politique française. En Marche rassemble donc les personnes de tout bord qui s’engagent pour le progrès de la France.

J’espère que cette forme de renouveau pourra emporter l’élection le 7 mai, ainsi qu’aux élections législatives qui suivront.

J’aimerais à ce propos finir sur une dernière pensée à propos de cette campagne. Une critique récurrente de la part des opposants à Emmanuel Macron, est qu’il ne représente pas le peuple et qu’il ne proposerait pas des « bonnes choses pour le peuple ». En effet il ne représente pas le peuple, mais pas plus que Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, Philippe Poutou ou n’importe quelle personnalité politique candidate à cette élection. Le seul qui représente le peuple actuellement c’est François Hollande, et ce sera dans un mois le nouveau ou la nouvelle Président(e). Chacun des candidats représente jusqu’au jour de l’élection des citoyens rassemblés autour d’un projet. Quant à ceux qui disent qu’il ne propose pas « de bonnes choses pour le peuple », je leur répondrai une nouvelle fois par les élections. Les Français sont capables de juger par eux-mêmes et si Emmanuel Macron gagne, cela voudra dire que « le peuple » estime que son projet est le meilleur pour lui.

Débattons d’idées, débattons de projets, débattons de visions.

Vive la République, vive la France, vive l’Europe.

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