(Français) Emmanuel Macron nouveau leader dont l’Europe a besoin ou réincarnation d’une élite ?

Emmanuel Macron - Source _ Europe 1

Avant de commencer cet article, deux réflexions s’imposent. La première est qu’en raison de mon fort engagement partisan auprès d’En Marche, cet article manquera sûrement, aux yeux de certains, d’objectivité. La seconde est que cet article est écrit dans des conditions particulières, le Samedi 4 Mars 2017, date à laquelle nous ne savons toujours pas qui seront tous les principaux protagonistes de l’élection présidentielle ; impossible donc d’en prévoir le résultat. Mon argumentation portera donc sur les promesses de campagne.

Quel que soit le président ou la présidente élu(e) le 7 Mai prochain, Emmanuel Macron aura marqué la campagne en ayant réussi en l’espace de 2 ans à s’imposer comme un des principaux candidats à cette élection et ayant son rôle à jouer dans le renoncement de poids lourds de la politique française tels que François Hollande et François Bayrou. Cette performance apparaît d’autant plus surprenante qu’à l’heure des nationalismes et du repli sur soi annoncé, un des thèmes majeurs de campagne du candidat d’En Marche est l’intégration européenne. Alors la question se pose légitimement, un candidat qui réussit à susciter autant d’intérêt tout en parlant d’Europe positivement peut-il être celui qui va relancer le projet européen qui s’est, ces dernières années, depuis le référendum de 2005, enfermé et éloigné des citoyens européens à tel point qu’on oublierait presque que « l’Europe », « ceux de Bruxelles », ce sont nos chefs d’Etat ? Emmanuel Macron pourrait-il réformer l’Union Européenne ?

Il est évident que l’Europe ne peut pas relancer son projet sans l’approbation de celui-ci par voie référendaire.

De mon point de vue, sa démarche nouvelle vis-à-vis d’une réforme de l’Europe permettrait d’aller plus loin, de relancer ce projet. Il est évident que l’Europe ne peut pas relancer son projet sans l’approbation de celui-ci par voie référendaire. Sinon l’Union Européenne apparaîtrait une nouvelle fois comme un appareil éloigné des citoyens. Cependant il est évident que ces référendums doivent être préparés si on veut leur donner une chance d’aboutir. L’idée de conventions démocratiques pour créer un débat Européen pendant six à dix mois en est l’occasion. Elles permettraient de consulter les habitants de l’Union Européenne des différents Etats pour, avant de définir le projet à soumettre au référendum, savoir précisément ce qu’en attendent les citoyens de l’Union.

Si un rapprochement entre la structure européenne et ses citoyens est primordial, la relance du projet européen doit passer avant par la connaissance de l’autre. Et une nouvelle fois pour cela les propositions de campagne d’Emmanuel Macron vont en ce sens. Il propose notamment l’élargissement du nombre de français à partir en programme ERASMUS chaque année à 25% d’une tranche d’âge.

Le projet d’En Marche est donc indéniablement européen et pro-européen, mais la vraie question est de savoir si, une fois élu, Emmanuel Macron réussira à mettre en œuvre ce projet et à le faire mettre en œuvre au niveau Européen. Réussira-t-il, s’il accède au pouvoir en France, à avoir l’influence nécessaire pour faire bouger les choses au niveau européen ? Nombre de détracteurs de son projet pensent qu’il ne fera rien car « c’est un technocrate soumis à Bruxelles », une réincarnation sous une autre forme d’une élite européenne détachée des citoyens. Il est évident qu’Emmanuel Macron appartient à une élite française, que ce soit dans le parcours scolaire qu’il a suivi (classe préparatoire, Sciences Po, Ecole Nationale d’Administration). Cependant le fait d’appartenir à cette élite ne représente pas une entrave à ses capacités à devenir un nouveau leader dont l’Europe a besoin pour se transformer et aller de l’avant, justement car, différemment de toutes les autres solutions proposées jusqu’à maintenant, il entend s’adresser directement aux citoyens européens et pas aux Etats avec lesquels la négociation peut s’avérer plus difficile. De plus c’est également, de tous les dirigeants et candidats à être dirigeants européens, celui qui démontre la volonté la plus forte de s’impliquer dans ce projet européen.

Le fait d’appartenir à cette élite ne représente pas une entrave à ses capacités à devenir un nouveau leader dont l’Europe a besoin pour se transformer et aller de l’avant

Enfin j’entends des commentaires à propos de ce projet de conventions démocratiques en Europe comme quoi ce ne serait que des promesses de campagne qui ne seraient au final pas tenues par la suite ou bien que ce serait trop difficile à mettre en place. Je suis de ceux qui laissent le bénéfice du doute à tous et quant à la difficulté de mettre en place un tel système, quelqu’un croit-il vraiment qu’il sera simple de réformer l’Union Européenne ?

Hugo Petit-Jean

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