Les Belles et la Meute

Image tirée du film La belle et la meute, de Kaouther Ben Hania. 2017.

Par Lisa Marie Auger

21h, lundi soir, soirée pluvieuse, cinq amies se retrouvent pour regarder La belle et la meute. Elles discutent de tout et de rien en installant le film (enfin surtout de tous les papers qu’elles ont à rendre avant minuit ce soir-là) puis elles font chauffer de l’eau en prévision d’un thé et s’installent sur le canapé sous un énorme plaid réconfortant (budget étudiant et chauffage ne font pas bon ménage).

Le film commence, la musique, les actrices qui se préparent. C’est drôle, ça leur rappelle leur samedi soir et leur préparation en vue de la fête d’Halloween organisée sur le campus. Le film continue, l’actrice principale repère un mec plutôt mignon et décide de s’éclipser avec lui. Jusque-là, ça se déroule sans accroche, le film a l’air sympa, les filles commentent, argumentent sur le choix du mec de façon désinvolte. L’une se lève, le thé est prêt. C’est à ce moment que tout se gâte, que l’atmosphère se refroidit, atmosphère que ni le plaid ni le thé n’arriveront à réchauffer….

L’actrice principale vient d’apparaître sur l’écran, elle court en criant, complètement débraillée. Elle paraît totalement effrayée, le mec avec qui elle était partie lui court après. À cet instant c’est évident, il lui est arrivé quelque chose, la question est : qui l’a fait ?
La réponse la plus simple est de pointer du doigt le mec qui lui court après, cependant cela devient vite improbable lorsqu’elle accepte qu’il la prenne dans ses bras…qui alors ? Tout d’un coup, une voiture passe et, face à la réaction de l’actrice, une des filles sur le canapé comprend…Comprend que les passagers de cette voiture sont les violeurs, que non seulement ils s’y sont pris à plusieurs mais qu’ils font sûrement partis des forces de l’ordre. Pourquoi cette supposition ? Et bien parce que ce serait le pire scénario possible pour l’actrice et qu’elle a tout d’un coup un très mauvais pressentiment sur ce film. La descente aux enfers de la jeune femme va vite confirmer ses craintes. Les différentes étapes de son calvaire sont révoltantes et très difficiles à regarder surtout pour cinq jeunes femmes, étudiantes, empreintes de valeurs libertaires et égalitaires. Scènes après scènes, le film va les plonger dans une rage si profonde, qu’elles ne desserreront pas la mâchoire durant les 1h 30 au cours desquelles elles n’auront qu’une envie : aller sauver celle dont la détresse crève l’écran. La cruauté ou l’indifférence des forces de l’ordre, du personnel hospitalier, des autres femmes leur font contempler une société qui ne pourrait être plus éloignée de la leur et de leurs valeurs. À la fin du film, comme le coup de grâce, apparaît l’encart : « tirée d’une histoire vraie »…

Les 5 jeunes femmes vont ressortir bouleversées, en colère et à la fois interloquées de cette séance de cinéma. « On aurait peut-être mieux fait de regarder much loved… ».

Sur le chemin du retour dans les rues vides et noires de Menton l’une d’elles se demande : « Suis-je vraiment en sécurité ? Est-ce que, après tout, il est réellement impossible pour moi de me retrouver confrontée à la meute ? ».

Lisa-Marie Auger

Si j'étais une ville, je serai Cartagena, cette ville hors du temps, bordée par les Caraïbes, qui regorge de trésors du passé et de couleurs flamboyantes
Si j'étais un film, je serai Forest Gump de Robert Zemeckis, ce film touchant, engagé,qui nous fait passer du rire aux larmes, de l'incompréhension à la tristesse
Si j'étais une livre, je serai les liaisons dangereuses, un récit épistolaire et passionnant, laissant une infinité de "non-dits" et de mystères à élucider
Si j'étais un poème, je serai Explico algunas cosas de Neruda, éprise de la façon dont Neruda nous émerveille avec la description de Madrid, qui est une ville absolument merveilleuse, puis nous faire vibrer avec un sentiment de rage et de tristesse du plus profond de nous lorsqu'il nous décrit les horreurs de la guerre.
Si j'étais un paysage,je serai le ciel, car il ne cesse de changer en reflétant une infinité de couleurs et que tu le retrouve toujours ou que tu sois.
Enfin si j'étais une planète, je choisirai plutôt la lune car qui n'a jamais rêver d'aller y rêver...
Lisa-Marie Auger

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