Handicap International : Premier relais étudiant en France !

Interview de Louis Gilles, responsable du relais étudiant de HI à Sciences Po Paris, campus de Menton – Propos recueillis par Fatine Maussang 

Pour la première fois dans l’histoire de la célèbre ONG, classée 7e dans le monde, deux relais étudiants ont vu le jour à Sciences Po Paris, dans les campus de Menton et de Reims. Louis Gilles, étudiant mentonnais, explique dans cet interview les buts de cette nouvelle association sur le campus qui promet d’être extrêmement enrichissante dans la vie associative des étudiants.

Fatine Maussang : Pourrais-je avoir une rapide présentation ?

Louis Gilles : Je m’appelle Louis Gilles, j’ai 18 ans et je suis étudiant en deuxième année à Sciences Po sur le campus de Menton. Je suis la majeure économie société cette année, et je suis un ancien English track (étudiant en programme anglophone).

FM : Pouvez-vous me parler de l’association Handicap International ?

LG : Handicap International est une organisation non gouvernementale, qui repose sur deux mots-clé : Humanité et Inclusion. Le but est de changer l’image stéréotypée de l’association, qui n’est pas seulement concernée que par le handicap. Pour expliquer les missions de l’association, je vais faire un petit récapitulatif sur l’histoire de l’association.

Handicap International a été créé en 1982, à l’initiative de deux médecins sur le terrain qui ont été alarmés par l’utilisation de mines antipersonnel. L’idée était d’abord de soigner les victimes qui se retrouvaient amputées, donc en situation de handicap. Dans un second temps, leur combat, qui devint historique, fut de mener des plaidoyers et une mobilisation contre les mines antipersonnel. Leur texte fut soumis devant ONU, et leur campagne fructueuse fit gagner le prix Nobel de la paix à Handicap International en 1997.

Leur deuxième combat fut contre les bombes à sous-munitions. Lorsque ces bombes explosent, elles projettent un grand nombre d’armes blanches dangereuses. Ils se sont donc battus pour que leur usage soit aboli, ce qui a abouti au Traité d’Oslo en 2008.

En ce moment, leur troisième combat est contre le bombardement des civils, avec leur campagne #StopBombingCivilians. Le but est de promouvoir une pétition pour collecter un maximum de signatures afin de monter un dossier qui sera présenté devant les nations Unies.

FM : Tous ces combats concernent votre partie “humanité”. Et pour la partie “inclusion” ?

LG : L’association travaille beaucoup pour l’inclusion des personnes handicapées, mais aussi sur la notion de vivre ensemble. Le fonctionnement de l’association étant divisé (un quartier général à Lyon qui gère toutes les associations HI du monde, dont l’agence France situé dans le même bâtiment), l’agence France organise deux évènements majeurs. Le premier, Pyramides de chaussures, est un évènement qui vise surtout à sensibiliser. Le deuxième, Sport Ensemble, est une course solidaire organisée à Paris, à Lyon et à Nice qui vise à promouvoir le vivre ensemble et le handicap en faisant courir des personnes valides et handivalides. Ces deux évènements montrent bien les deux combats de HI.

FM : Mais alors, pourquoi monter un relais étudiant à Sciences Po Menton ?

LG : L’histoire remonte à l’année dernière, lors de la semaine d’hiver. Deux intervenants d’HI étaient venus présenter l’association. J’ai discuté avec eux et je leur ai dit que j’étais très intéressé par tout ce qu’ils proposaient, que je souhaiterais obtenir des contacts et pouvoir participer, aider à la mobilisation. J’ai donc pris contact avec Barbara Vaux, la directrice du service mobilisation. J’ai expliqué à l’association que j’étais intéressé pour travailler avec eux cet été dans un premier temps, et pourquoi pas à long terme, monter un relais étudiant comme l’ont fait des étudiants pour Amnesty International ou UNICEF.

Leur réponse fut positive car les étudiants restent un public difficile à toucher, à sensibiliser. Les relais étudiants semblaient donc être un excellent moyen de faire connaître l’ONG auprès des étudiants.

FM : En tant que relais étudiant, vous ne faites donc que sensibiliser le public ? Ou est-ce que vous organisez des évènements, allez sur le terrain ?

LG : Tout ce qu’on fait c’est en partenariat avec l’agence France à Lyon. On ne va pas agir sur le terrain Nos objectifs s’organisent autour de 5 axes : sensibiliser aux thématiques et aux actions de HI, soutenir les campagnes menées par HI, collecter des fonds au bénéfice des programmes HI, représenter l’association auprès des étudiants et enfin mobiliser de jeunes bénévoles.

FM : Votre premier événement était une projection de film, Le tombeau des lucioles. Pourquoi avoir choisi ce film ?

LG : Par rapport à l’événement, comme on est une nouvelle association sur le campus, on voulait avoir de la visibilité avant le vote des initiatives étudiantes. La projection d’un film semblait être une bonne idée pour rester autour du thème sans entamer tout de suite des soutiens de campagne.  Quant au choix du film, Le tombeau des lucioles, l’histoire sensibilise au bombardement des civils. Cela parle du destin d’un jeune homme et sa petite sœur qui perdent leur mère lors d’un bombardement alors qu’ils sont des civils. Il y a trop d’innocents victimes de ça, ces bombardements détruisent des familles et des enfants qui n’ont rien fait.

Un point important :  l’association n’a pas la prétention d’arrêter les guerres dans le monde. L’idée, c’est vraiment de rester dans l’humanité. Les guerres sont inévitables, mais il faut préserver les civils innocents.

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Projection du film Le tombeau des lucioles (Mentongraphy)

FM : Quels sont vos projets en tant que relais étudiant cette année ?

LG : Tout d’abord, nous allons mener une campagne photo pendant trois jours, où l’on demandera aux étudiants de poser avec un « STOP » écrit sur la main. (#Stop bombing civilians). Les photos seront utilisées pour faire une grande mosaïque qui sera présentée dans le dossier soumis à l’ONU. Ensuite, nous comptons organiser une exposition de photos montrant les conséquences et les thématiques liées à l’association.

L’image contient peut-être : une personne ou plus, personnes debout et plein air

Exposition sur le campus

Nous souhaiterions également mobiliser des gens pour participer à Sport Ensemble à Nice le 20 octobre. Cela nous a donné des idées pour peut-être organiser une course solidaire au 2nd semestre en partenariat avec le Running club, mais aussi des tournois de handisport, par exemple.

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Plus d’informations sur l’évènement Sport Ensemble qui sera organisé le 20 octobre à Nice : https://soutenir.handicap-international.fr/events/sport-ensemble-nice

 

Fatine Maussang

Fatine Maussang

Fatine, 18 ans, franco-Marocaine est une étudiante de deuxième année à Sciences Po. Membre du Zadig depuis l’an dernier, Fatine cultive d’abord le goût de la littérature : elle aime lire et laisser libre cours à son imagination, notamment à travers l’écriture de romans. Sa citation favorite est signée Charles Baudelaire (son poète préféré) « L’imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai ».
Mais dernières ses airs innocents, méfiez-vous ! Fatine est une adepte de karaté, qui maitrise son art à la perfection. Pendant son temps libre, elle adore également écouter du slam et surtout, l’un de ses groupes fétiches qui est Depeche Mode. Et bien sûr, si son visage vous semble déjà si familier, pas de panique, c’est normal : d’une motivation sans faille, elle est la plume fédératrice de votre journal préféré.
Fatine Maussang

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