Hommage aux victimes de l’attentat de Nice

La Promenade des Anglais, Nice (CC0 Public Domain)

Un reportage par Johanna Villégas

« Quatre-vingt-six anges se sont envolés trop vite, plongeant la ville dans un silence figé jusque dans le creux des vagues de la mer noircie. Ce silence, nous l’entendons encore. » Ce 14 juillet dernier à Nice, vers 18h30, ces mots résonnent sur la Place Masséna et la Promenade du Paillon auprès des nombreuses personnes venues écouter les discours en hommage aux victimes de l’attentat d’un an plus tôt. Il s’agit du texte lu par Pauline Murris, cousine de Camille Murris, une des nombreuses victimes de l’attaque sur la Promenade des Anglais.

Kévin et Nathan, deux niçois de vingt-quatre et vingt-six ans, écoutent ces mots prononcés par Camille Murris non-loin de l’écran géant installé sur la Coulée Verte. Un an après l’attaque, ils témoignent de leur 14 juillet. « Je me suis mis à courir comme tout le monde », raconte Nathan, avant d’ajouter : « se retrouver dans une situation de fuite dans sa vie, je ne m’y attendais pas du tout […] Je me suis retrouvé au loin à observer tout cela, en pleurs, effondré, et je comprenais pas ce qui s’était passé […] Je pense que cet hommage est nécessaire, et même obligatoire ».

Si l’attention est principalement portée sur les commémorations, Kévin et Nathan ne manquent pas non-plus de rappeler les polémiques médiatiques entourant l’attentat. « Il y a eu une atteinte à la vie privée des gens, [une vie privée] qu’on ne devrait pas rendre publique comme ça au travers de photos qui sont choquantes. […] Pour les familles des victimes, je trouve ça juste de l’abus médiatique » souligne Kévin, concernant la décision du magazine Paris Match de publier il y a quelques jours des images de la vidéo-surveillance sur la Promenade des Anglais datant du soir du 14 juillet 2016. Quant à Nathan, il dénonce également une médiatisation « illégitime » de l’attentat.

Pour les familles des victimes, je trouve ça juste de l’abus médiatique.

Au-delà des controverses, Nathan fait remarquer l’importance de cette journée de commémoration officielle : « le discours que j’entends, les concerts qui ont été menés, c’est une très belle chose. Les témoignages viennent directement du cœur, et c’est la preuve de l’humanité qui existe en chacun de nous » .

Un an après cet attentat qui vola quatre-vingt-six vies innocentes et qui causa de nombreuses blessures irréparables, la journée commémorative se clôt par un concert sur le miroir d’eau de la Promenade du Paillon. Plus tôt, un hommage sur le Quai des États-Unis a eu lieu lors duquel des niçois ont pu déposer des plaques de couleurs bleu-blanc-rouge formant les mots « Liberté, Égalité, Fraternité », et ont pu assister à un somptueux défilé solennel sur la Place Masséna.

Un mémorial temporaire a également été installé dans le jardin de la Villa Masséna, près duquel des larmes coulent encore devant les noms des quatre-vingt-six anges. « Nous avons oublié le nom de cet anonyme meurtrier, amis nous avons appris le nom des morts, de nos morts », a déclaré le président de la République Emmanuel Macron lors de son discours sur la place Masséna.

1 Comment

  • Un article très élogieux fait avec finesse et, on le sent, avec de l’amour et autant d’humanité que lors des commémorations.
    Un très bel article qui pourrait être meilleur avec moins de pathétique mais le coeur semble battre pour ces anges alors tout est pardonné

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *