Je suis un américain qui se sens plus en sécurité en France que dans mon propre pays

C’est un mercredi normal et vous avez presque terminé la journée d’école. Vous vous êtes bien amusés cette journée après avoir passé du bon temps avec vos amis. Juste avant de quitter le campus, vous entendez quelque chose de tellement bruyant et le bruit s’approche de vous.

Malheureusement, c’est la réalité d’un étudiant aux États-Unis aujourd’hui. Quand vous allez à l’école et essayez étudier, vous prenez le risque de ne jamais revenir dans votre famille.

Si vous pensez que cette idée est exagérée, imaginez ce que c’est que d’entendre parler d’une fusillade dans une école américaine presque toutes les semaines, particulièrement quand l’école est censée être un lieu sûr. Et si ça n’est pas assez convaincant pour vous, observez le fait qu’il y a déjà eu 18 fusillades dans les écoles cette année. Cette statistique a reçu des critiques, mais elle inclut tous les incidents où une personne se servit d’un fusil dans une école. Même s’il n’y a pas eu un mort, par exemple, cela montre à quel point il est facile de se procurer une arme aux États-Unis.

Bien qu’on devrait vivre sans la peur, la situation des fusillades aux Etats-Unis est vraiment une exception dans ce débat. Beaucoup de gens en Occident, y compris moi-même, vivent leurs vies dans la peur d’un attentat terroriste et d’autres crimes. Mais la fusillade américaine est différente: votre probabilité de mourir d’un attentat terroriste en France est 1/4,984,301, alors que votre chance de mourir dans une fusillade en Amérique est de 1/15,325. Mettez ces statistiques en perspective, il est plus probable de mourir dans une fusillade aux USA que sous les coups d’un terroriste étranger, d’être écrasé par une voiture, un bus, un train, ou encore d’un séisme.

C’est pourquoi je fais cette différence, car les événements qui impliquent les terroristes sont plus isolés, les fusillades, elles, sont systématiques. C’est cette différence qui est primordiale.

Donc on voit la réalité américaine: c’est un pays qui s’appelle “le leader du monde libre”, mais au prix de morts causées par des mauvaises lois et l’inaction. Le tireur de Parkland de la semaine dernière, un homme de 19 ans s’étant fait renvoyer de l’école, a légalement acheté son fusil. On pourrait facilement imaginer qu’un grand nombre de gens ait le même profil que lui, pouvant acheter eux aussi des fusils.


Mais alors, pourquoi ce problème existe-t-il, et quelles en sont les solutions ?
On peut répondre à ces deux questions à partir d’une seule idée : l’inactivité du Congrès sur la question. La National Rifle Association (NRA), une organisation qui s’oppose à la régulation des fusils, donne de l’argent aux candidats politiques et politiciens pour qu’ils ne fassent rien sur les armes. Ici, on voit une corrélation entre les politiciens qui reçoivent le plus d’argent et leurs positions sur ce sujet.

Après une grande analyse du New York Times, le journal a souligné qu’il existe seulement un indicateur qui prédit avec précision les fusillades : la possession d’armes à feu. Ce n’est pas du fait de la santé mentale ou quelconque autre raison, mais simplement dû aux taux de possession d’armes à feu, où les États-Unis se classent premiers, et de loin.

De plus, il est clair que les fusils rendent les crimes plus dangereux. Les écrivains de cet article du New York Times ont trouvé qu’on a la même chance d’être cambriolé à Londres qu’à New York, mais que la probabilité de mourir, cependant, n’est pas du tout la même: vous avez 54 fois plus de chances d’être tué à New York à cause de la prolifération des fusils en Amérique.

Ils choisissent le prix du sang plutôt que des vies de leurs électeurs.

Mais souvenez-vous de ce qu’il se passe aujourd’hui. Certains membres du Congrès acceptent l’argent de la NRA, et en échange, ne font rien pour anticiper les fusillades. Il ne s’agit pas de trancher sur une simple affaire politique, il s’agit d’un choix entre la vie et la mort. Ces membres du Congrès choisissent le dernier : ils choisissent le prix du sang plutôt que des vies de leurs électeurs.

Le sénateur de mon état de la Floride, Marco Rubio, est l’un des élus qui a reçu le plus d’argent de la NRA. Il fait partie de ces hommes qui ont préféré cette deuxième option.

Si on veut le changement, on doit remplacer les politiciens comme lui. Sans cela, nous risquons la vie des autres.

Par Noah Levy.
Image de couverture : Orlando Weekly

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