La pornographie : plaisir éphémère, effet pervers

Par Daniel Santana.

Dans les années 80, à travers des magazines avec des images des femmes nues, comme le très populaire Playboy, des films et d’autres réseaux, la propagation de la pornographie était restreinte, puisque son accès était privé.

Cependant, l’essor des nouvelles technologies a démocratisé l’industrie du sexe, en mettant la femme encore plus dans une position soumise au patriarcat. Avec la popularisation de la pornographie, des plaisirs très obscurs qui dépassent la dignité de l’autre sont mis en évidence. Ainsi, à partir du moment où plusieurs enfants avec une sexualité précoce, avec aucune idée de comment l’acte sexuel fonctionne regardent des vidéos d’hommes étranglant des femmes avec leur génitales, les frappant au visage et les traitant sans aucun respect, la notion de la sexualité hétérosexuelle commence à germer.

D’après l’organisation “Culture Reframed”, 88% des vidéos les plus regardées sur des sites pornographiques mettent en scène une agression physique ou verbale contre une femme. De ce fait, la pornographie perpétue une attirance sexuelle basée sur des principes très sexistes, créant des normes néfastes et imposant de la violence pour une nouvelle génération qui mature la façon dont elle se sent attirée. Des petits garçons qui stimulent leur attirance par des images de viol, d’agressions banalisée et parfois pédophile, et des petites filles qui subissent une normalisation de leur douleur et humiliation. 

@CultureReframed

Selon Dr Gail Dines, les réseaux sociaux envoient des publicités de sites pornographiques aux enfants dès leur plus jeune âge, en créant un âge moyen d’onze ans (pour les garçons) d’accès au contenu pornographique. En conséquence, il est remarquable qu’une personne avec aucun répertoire sexuel et maturité pour distinguer ce qui est moralement correct est victime d’une telle industrie. 

Ils sont donc susceptibles à des images de femmes agressées : leurs cheveux tirés et on leurs crache au visage. De même, le viol annal érotisé et la pédophilie banalisée sont non seulement très communs, mais aussi les contenus qui sont les plus demandés. C’est ainsi que l’on se demande : quelles sont les conséquences pour la sexualité de ces enfants, et même pour notre société qui va endurer une génération avec ces plaisirs ? 

“Porn sites get more visitors each month than Netflix, Amazon and Twitter combines”

“Les sites pornos reçoivent plus de visiteurs chaque mois que Netflix, Amazon et Twitter réunis“ –

Alexis Kleinman Deputy Managing Editor Of Impact & Innovation, The Huffington Post  

Malheureusement, la réponse à cette question nous est déjà perceptible, puisque cette pornographie virtuelle n’est pas si nouvelle. Des indices de violences sexuelles sont chaque jour plus récurrents. La dégradation, l’humiliation, et la violence ayant un rôle central dans les relations d’intimités, le sexe, la perception de genre, et des croissants rapports de dysfonction érectile sont la petite pointe de l’iceberg de l’obsessive masturbation engendrée par la normalisation de la pornographie. 

Pareillement, le fait que la pornographie est un engrenage essentiel pour comprendre nos perceptions autour de la fluidité entre l’identification du genre féminin et masculin nous montre l’importance des actes sexuels pour notre structure sociale. Au-delà d’une nationalité, il engendre une culture où l’homme affirme sa virilité en mettant la femme dans une position d’objet soumis, en perpétuant des comportements toxiques tant pour la femme, que pour l’homme. 

“75% of 18-year-old women say “pornography has led to pressure on girls and young women to act a certain way” 

“75% des filles de 18 ans disent que « la pornographie fait pression sur les filles et les jeunes femmes pour qu’elles agissent d’une certaine façon »
– Middlesex University London 

À plus grande échelle, ce monde caché véhicule et impose un modèle pour les deux sexes : l’homme avec une position dominante, sans sentiments, viril ; la femme lui obéissant, servante de son plaisir comme un objet (plusieurs vidéos pornos s’arrêtent quand l’homme jouit). Il n’en résulte que c’est suivant ce schéma que les garçons d’onze ans aujourd’hui apprennent leur sexualité. En effet, le rapport entre l’hypersexualisation et l’objectification des femmes, l’intensification d’une masculinité toxique et la pornographie est choquant et évident. À la lumière de tout cela, je demande à ceux qui en regardent depuis des années, en vaut-il la peine ? Êtes-vous vraiment libre d’arrêter d’en voir ? Êtes-vous vraiment d’accord pour nourrir ce système qui vise à attirer des enfants d’environ onze ans ?

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