[Dossier 8/8] L’expérience d’une vie

@Oskar Steiner

Le format de mon enquête ne rendait jusqu’ici pas justice à toutes les émotions par lesquelles nous sommes tous passés à Menton.

Tous chérissent de précieux souvenirs. Jana Jabbour considère que ses années mentonnaises sont celles qui ont laissé les meilleurs souvenirs de tout son parcours à Sciences Po et dans d’autres universités. « 3 souvenirs en particulier que je n’oublierai pas : le premier voyage de Babel à Istanbul, qui a fait naître en moi une véritable passion pour la Turquie, me poussant plus tard à me spécialiser dans les affaires turques ; le spectacle de danse au Palais de l’Europe à la fin de la deuxième année, où j’ai fait la chorégraphie de la dabké libanaise ; les jours où on révisait en groupe pour les examens du second semestre, allongés au soleil sur la terrasse de la Villa Jasmin ».

Mosaïque des réponses des participants au sondage à la question « Qu’est-ce qui vous manque le plus de Menton ? »

Kenza Aloui se souvient avoir été « cocoonée » dans sa petite promotion d’une cinquantaine d’étudiants. Inès Weill-Rochant retiendra les moments de spectacle, plus particulièrement la danse, ainsi que le Minicrit mentonnais. Elle et son amie se remémorent les heures de libre peu productives sous le soleil au campus. Selon Kenza Aloui, ce sont des « moments de Dolce Vita par rapport à ce que la vie est devenue dans les grandes villes ».

Du côté des enseignants, Gilles Kepel conserve un « souvenir merveilleux » d’une randonnée avec des étudiants jusqu’à Sainte-Agnès, qu’il relate dans notre entretien. Stéphane Lacroix hésite entre sa première leçon inaugurale ou certains de ses cours en 2011, « lorsque les printemps arabes étaient en pleine éclosion et suscitaient un immense enthousiasme chez les étudiants ». Jean-Pierre Filiu note « un magnifique concert de piano » donné par un de ses étudiants égyptiens « dans une église du centre-ville, en présence de tous ses camarades ». En particulier, Aurélie Daher souligne l’environnement de travail, « l’équipe administrative comme les collègues sur le site font partie des éléments qui rendent le travail sur le campus aussi motivant ». « Je dirais ensuite que j’ai pour l’instant toujours eu le grand privilège, al-hamdu lillâh, de développer des relations particulières, à la fois intellectuellement et humainement fortes, avec les étudiants » ajoute-t-elle. « Têtus » et « dissipés », comme elle nous décrit affectueusement, « vous restez dans votre majorité écrasante plein de talents et de ressources, et incroyablement attachants ».

Si je puis me permettre, je retiendrai personnellement les moments de cohésion à la MDL et des liens forts que j’ai forgés avec de véritables amis. Les différentes escapades dans Menton et ses alentours constituent déjà une bonne partie de mon capital mémoire. À l’heure où j’écris ces lignes, je ne suis pas encore fixé sur mon sort l’année prochaine, compromis par les mesures sanitaires exceptionnelles mais j’espère avoir la chance de vivre des moments tout aussi forts au Moyen-Orient.

Pour conclure brièvement, le sondage a été quasi unanime à désigner « La mentonnaise » comme hymne du campus. Bernard El Ghoul trouvait les chants du campus « dans l’ensemble d’assez mauvais goût », ajoutant qu’ils sont à la chanson « ce que la musique militaire est à la musique », n’en déplaise à mes camarades amateurs du chant du volontaire et de la Strasbourgeoise. Cela fait des années que des générations s’égosillent à chanter tous ensemble à la gloire de Menton, et j’espère que ce mouvement n’est pas près de s’estomper.

Remerciements

            Cet article dépasse assurément ma personne et je tiens à cet égard à remercier tous ceux qui ont rendu possible cette petite enquête. Ce fut une chance pour moi de mener des entretiens avec des chercheurs dont les écrits m’accompagnent depuis les débuts de la préparation de mon admission à Menton. Je tiens à honorer la grande disponibilité ainsi que la bienveillance dont Gilles Kepel a fait preuve dans le suivi de la publication de son entretien. Merci à Stéphane Lacroix, qui a répondu à toutes mes questions malgré les circonstances exceptionnelles. De la même manière, j’adresse mes hommages à Jean-Pierre Filiu qui s’est montré très réactif à mes sollicitations. Je remercie tout autant les enseignants et/ou Anciens qui se sont prêtés à l’exercice et apporté leur pierre à l’édifice : un grand merci à Kenza Aloui, Frédéric Houam, Laurence Louër, et Inès Weill-Rochant. Je voudrais signifier une attention particulière à Aurélie Daher, Julien Gaertner et Christophe de Voogd, dont j’ai eu l’honneur de suivre les enseignements et se sont toujours rendus disponibles tout au long de l’année. Enfin, je tire mon chapeau à l’équipe qui s’attache à faire vivre notre campus. En particulier, mille mercis à Lamiss Azab pour tout le dévouement consacré à sa mission.

Par ailleurs, je n’aurais rien écrit de tout ça sans l’idée initiale de mon cher Walid, que je tiens à saluer. Mes remerciements les plus sincères à Ryan, rédacteur en chef qui m’a été d’un précieux conseil dans l’orientation de cet article. Un grand merci à Inès, éditrice très professionnelle qui s’est infligé la relecture de ces quelques pages. De plus, si l’article est agréable à la lecture, c’est en grande partie grâce au sérieux de la mise en page d’Emma. Shoutout à mes Thomas, Xavier, Lucas, mes confrères de Dijon, Nancy et Poitiers pour les renseignements qu’ils m’ont fourni sur leurs institutions. Mes discussions avec mes amis, qui se reconnaîtront, m’auront aussi été d’une grande aide dans l’élaboration de cette publication. Mention spéciale à Jean, qui a donné une toute autre ambition à mon intention de départ pour cet article. Mes salutations les plus fraternelles à mes colocataires de cette année dans la vieille ville, Hayaan. et Nicolas, qui m’ont toujours supporté. Ma révérence à celles et ceux qui auront contribué à me faire grandir et à me former intellectuellement ces deux dernières années, surtout lorsque je n’étais pas d’accord avec eux.

Pour finir, je n’oublie pas mes professeurs des premières heures. Mes hommages à ceux qui ont mené à bien l’atelier Sciences Po dans mon lycée d’origine, à M. Bénichou, qui reconnaîtra le clin d’œil cinématographique que je lui ai adressé dans mon texte, à M. El Husseini, qui doit être fier que j’apprenne désormais l’arabe et enfin à M. Caillibot, qui n’a jamais cessé de me soutenir et de me former dans mes ambitions. Et bien sûr ma famille, que j’espère rendre fière.

Article précédent: [7/8] ‘Asabiyaa ‘asabiyya: rayonnement professionnel et culturel du campus

Alban Delpouy

Bonjour ! Je m'appelle Alban Delpouy et j'entame cette deuxième année loin de ma chère Réunion. Je suis ravi d'occuper le rôle de directeur de publication de ce nouveau cru du Zadig. Par ailleurs, je serai en charge du site Internet de votre journal préféré. J'attends de pied ferme vos articles, que je me ferai un plaisir (ou pas) d'éditer !

Hello ! My name is Alban and it's my second year far from my dear Reunion Island. I'm glad to hold the role of publication director of this brand new Zadig. By the way, I'll also be in charge of your favourite's newspapers website. I'm looking forward to editing your articles !
Alban Delpouy

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.