Mamfakinch

Par Driss Ouazzani

Mamfakinch ! (1)

A l’occasion de son deuxième anniversaire, j’aimerai vous faire découvrir chers ( رفاق(2 (camarades) de Menton, le plus beau, le plus noble et le plus éternel mouvement populaire à mes yeux. Le mouvement du 20 Février. Ce mouvement a donné de la force et du courage à des milliers de jeunes marocains, les a poussé à s’assumer, à scander haut et fort leurs pensées, à dépasser cette peur cultivé sur les bancs du primaire, sur les terrasses de café, devant notre poste de télévision, etc..

Bertolt Brecht disait à propos de l’analphabète politique : « Le pire des analphabètes, c’est l’analphabète politique. Il n’écoute pas, ne parle pas, ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix de haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. »

Le Makhzen, le Léviathan marocain, aurait certainement repris cette citation, en glissant un petit sourire malicieux, se réjouissant du taux élevé d’analphabètes politiques de son, non, plutôt de notre pays. Mais le 20 Février 2011, l’expression de ce Léviathan a changé face à la preuve empirique d’un fait indéniable lorsqu’une une centaine de milliers de marocains ont retiré leurs masques, ce masque d’analphabète politique que la peur empêchait d’ôter. S’en est suivi des mois d’euphorie, d’effervescence, des moments au goût indescriptible, ceux du changement, de l’histoire, du progrès, ce sentiment que j’ai pu partager avec des milliers de jeunes, que j’ai pu voir dans les yeux brillants de vieux manifestants gauchistes, ayant certainement connu la torture et qui d’un coup retrouvaient leurs jeunesse, renouaient avec l’espoir. Mais très vite une invention révolutionnaire vint mettre fin à cet épopée, cette aventure sublime : « l’exception marocaine ». Marchant sur la corniche après mon bac de français, je piétinais involontairement le portrait du roi, accompagné d’un « votez oui pour la constitution », me rappelant avec amertume mes cours d’Histoire, vous devinerez lesquels.

Deux après, des jeunes de mon âge (3), qui marchaient à mes côtés, ont pris 3 mois, un an de prison. Ces jeunes n’ont pas eu la chance d’être à Lyautey, d’appartenir à une classe sociale plutôt aisée, mais ces jeunes, moi et tous ceux qui ont cette chance, nous ne les oublierons jamais, et croyez-moi chers « رفاق » de Menton, les yeux des marocains du Campus brilleront de nouveau, je l’espère bientôt.
(4)! الشعب فعمر يبارك اللّه و الشعب عاش

[1] : Nous ne céderons pas.
[2] : Camarades
[3] : http://badiltawri.wordpress.com/2012/11/09/liste-non-exhaustive-des-prisonniers-politiques-au-maroc/
[4] : Vive le peuple et longue vie au peuple !

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