Opinion: Des matraques face aux urnes, un point de non-retour

"El president Mas imposa la medalla al president Puigdemont", Generalitat de Catalunya, Creative Commons Wikimedia Public Domain

Par Aina De Lapparent Alvarez

Cela faisait longtemps que Madrid disait que nous ne voterions pas. Quelles urnes? Quels bulletins? On les a tous trouvés! Le gouvernement espagnol s’est trompé; mon voisin, par exemple, cachait des bulletins dans son appartement, un autre en avait imprimés.

Le dimanche, entraînée par la force des procédés légaux mis en marche par l’état, la police nationale a eu recours à la violence. Du gaz lacrymogène, des balles en caoutchouc, et des coups de matraque ont tous été des moyens employés, et un nombre surprenant d’agressions sexuelles a été reporté. Huit-cent-quatre-vingt-treize personnes blessées ont dû être assistées par les services médicaux et Monsieur Rajoy — le Premier ministre — a parlé de réponse ‘proportionnée’.
C’était lors d’une conférence de presse le dimanche soir, ou plutôt: un monologue, vu qu’il n’a pas accepté de questions. Le gouvernement, vous comprendrez, n’aime pas être contredit.

Quiconque responsable des actions policières de dimanche a créé, involontairement, des héros et des martyrs.

Et en réaction? Des chants et des larmes, mais pas de violence. Une résistance pacifique et exemplaire. On scandait «on a voté» ou alors «nous sommes des gens pacifiques». On applaudissait un jeune qui est allé voter avec le drapeau espagnol noué à la taille.
Benedict Anderson parlait du rôle de l’industrie médiatique dans le développement des nationalismes… il avait raison.

Tout cela témoigne de la force considérable de la presse et des médias, qui générèrent un sentiment de solidarité entre les membres de la communauté catalane. Lorsque que la Télévision Publique Espagnole (TVE) choisit le dimanche de parler du Botswana et de la faune Hawaïenne, les catalans vécurent un moment clef et unificateur grâce à la télévision publique catalane (TV3) qui relaya une transmission interrompue et en direct des événements liés au référendum. Quiconque responsable des actions policières de dimanche a créé, involontairement, des héros et des martyrs. Des situations cocasses eurent également lieu, comme quand le président de la région catalane — Carles Puigdemont — changea de voiture sous un pont afin de semer l’hélicoptère policier qui le suivait.

Le premier octobre — ou “1-O”, point de non-retour — a vu naître de la tristesse et de la colère, mais aussi un sentiment de dignité qui a su persuader ceux qui n’étaient pas convaincus de nous éloigner de Madrid.

Le trois octobre, dans plusieurs villes catalanes, des manifestants ont protesté contre les violences policières. Rien qu’à Barcelone, on était sept-cent-mille.

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