Présentation de la FFDA

By Pierre Desplats, Vice-Président de la Communication, FFDA

Lors de la conférence donnée le 13 septembre dernier par Gérard Larcher et Christian Estrosi à Nice, je n’ai pas pu m’empêcher d’être déçu. Leurs discours insipides n’avaient d’égal que les politiques qu’ils défendaient. Pendant trois quarts d’heure, ils ont accumulé, sans honte, les lieux communs, enfoncé d’innombrables portes ouvertes, et ont utilisé quantité de formules toutes faites, le tout formant un gigantesque ensemble impressionnant de par le néant qu’il renfermait.

En réalité, les francophones (politiques ou non) ont cessé d’être éloquent. Leurs discours sont plats, sans fond et banals. Le langage est pauvre tout autant que le sont les arguments. Par paresse, nous avons abandonné l’idée de développer une vraie argumentation, nous utilisons systématiquement les mêmes expressions et nous recourons de plus en plus au pathos au détriment de l’ethos.

Mais à qui la faute ? Aurions-nous été soudainement frappés d’une atrophie généralisée du cerveau ? Bien sûr que non, nous ne sommes pas devenus stupides. Le fait est que, depuis quelques dizaines d’années, notre niveau d’exigence n’a cessé de baisser. Nous avons fini par assimiler les discours à de vulgaires vecteurs de données. Ainsi, les discours ont perdu leur capacité à soulever les foules, à transcender les cœurs et à élever les âmes. Où sont passés les Clemenceau, les Martin Luther King et autres Danton ? Quand avez-vous, pour la dernière fois, entendu parler un vrai orateur ? À quand remonte la dernière fois que vous avez entendu quelqu’un parler avec ses tripes, son âme et son intelligence, avec toute la force de sa conviction et toute la puissance de son être ?

Cette année, la FFDA (pour Fédération Francophone de Débat Azuréenne, association basée au Campus de Menton de Sciences Po Paris) veut ré-enchanter l’éloquence, en refaire un art et une manière de vivre. C’est d’ailleurs notre thème de l’année : le Lifestyle. L’éloquence n’est pas cantonnée aux amphithéâtres et aux assemblées, c’est au contraire une véritable manière de vivre. Dans le Sud, ce style est bien particulier ; il a son caractère, ses codes et ses finesses, c’est pourquoi notre devise est Éloquence Riviera : une éloquence ancrée dans son milieu, s’inspirant de son identité.

Pour cela, la FFDA organisera des événements tout au long de l’année : des ateliers de formation pour apprendre à maîtriser l’art de débattre, des Grands Procès pour juger les personnages les plus controversés de l’histoire de la Pop Culture, des débats pour briller, des Grands Oraux où interviendront de grandes figures de l’éloquence ou encore des Nuits du Débat, des soirées “posées”, ouvertes à tous, où se mêleront débats, improvisations théâtrales et plaidoyers au grès de vos envies.

Affiliée à la Fédération Francophone de Débat, la FFDA organise également des sélections pour les concours les plus prestigieux. En effet, la FFD est une association qui tente de donner une nouvelle vigueur à la tradition de l’éloquence en langue française, si bien qu’elle constitue le plus grand réseau de clubs de débat francophones au monde. Ses championnats nationaux et internationaux ont opposé des équipes représentant les écoles les plus prestigieuses au monde telles que la London School of Economics ou l’École Polytechnique.

L’objectif de la FFDA n’est pas seulement de travailler la forme, qui a une grande importance, mais aussi le fond (ce qui ne nous oblige pas à traiter seulement des sujets sérieux). Le fait est que dans l’éloquence, les deux sont aussi important. Là où certaines associations se contentent seulement de développer l’un de ces aspects, la FFDA est convaincue que l’un ne peut aller sans autre. S’il manque le fond, un discours est tout sauf convaincant… Après tout, Christophe de Voogd n’a-t-il pas dit « L’éloquence pour l’éloquence, je n’y crois pas beaucoup » ?

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