Syndicalement parlant

Par Marine Zagar

Nous avons vu sur notre cher campus une vague quasi inconnue jusqu’à présent d’effervescence… syndicale ! N’en déplaise à l’UNEF, grand syndicat étudiant qui a toujours été relayé et représenté sur le campus mentonnais, un peu de « concurrence » et d’action dans le milieu fait grand bien à notre campus et à la vie étudiante en général. Nous devons féliciter l’UNEF pour l’organisation des bourses aux livres malgré des deuxièmes années en général peu enclins à céder leurs livres et pour sa grande expérience de la vie étudiante, une représentation sans pareil à Paris et un vaste réseau dans toutes les universités de France et de Navarre. Nous n’avons toutefois pas eu la chance de voir officiellement les deux syndicats, l’UNEF et la Cé, la Confédération étudiante, confronter leurs idées au cours d’un débat orienté sur leurs programmes respectifs et sur les problèmes qu’auraient pu soulever les étudiants. Les étudiants du campus ont néanmoins pu assister à une présentation des deux syndicats et de leurs objectifs pour l’année en cours. On remarque tout de même que, loin des divisions partisanes comme on peut sûrement les observer dans la capitale, les représentants des deux syndicats sur le campus s’inscrivent d’abord dans un mouvement à petite échelle qui cherche à promouvoir l’importance des campus en région.

Ceci étant admis, qui dit élection dit choix. Dixit le latin me semble-t-il ?! Personnellement je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu ce choix aux dernières élections syndicales, qui se sont tenues il y a un an presque jour pour jour et qui n’avait vu que l’UNEF pénétrer l’enclave mentonnaise. L’UNEF étant le seul syndicat représenté à Menton, il n’y avait pas d’intérêt pour les étudiants mentonnais à voter pour un autre candidat que celui-ci. Ce manque de choix n’aurait-il pas inhibé le vote de beaucoup d’étudiants ? Pourquoi se diriger vers les urnes si on estime que le sort en est déjà jeté ? J’ai eu beaucoup d’espoir dans ces élections qui constituent peut-être l’une des premières étapes de la vie citoyenne, osons le dire, à nos jeunes âges. Les élections syndicales, bien qu’elles soient complètement dédiées aux étudiants et très proches de nos préoccupations quotidiennes, ne rassemblent que très peu de suffrages d’ordinaire. Dans les universités françaises, les bureaux de vote sont quasi déserts, et nous avons encore la chance à Sciences Po d’obtenir une participation d’environ 20% des élèves, un record. C’est tout le campus qui doit se mettre en mouvement afin que nos revendications, qu’elles soient de petite ou de grande envergure, soient au moins entendues sinon prises en compte pour être mobilisées dans l’élaboration des politiques de Sciences Po. Le fait est que même si nous semblons mieux représentés cette année, du moins à notre échelle, le taux de participation a été drastiquement plus bas que l’an dernier : environ un tiers des étudiants se sont déplacés jusqu’aux urnes durant les deux jours qu’ont duré les élections, tandis que pour l’année 2010-2011, on avait enregistré une participation d’environ 60% ! Finalement la question n’est pas de savoir pour qui voter mais de bel et bien voter tout court, dans notre cas particulier, simplement pour être représenté.

Pourtant, faire entendre notre voix à la capitale alors que nous sommes éloignés d’elle par la distance, n’est pas chose facile. Les syndicats étudiants nous permettent d’être entendus tandis que l’administration mentonnaise est parfois impuissante face à nos problèmes les plus urgents. C’est pour cela que dans une logique collective, l’action syndicale étudiante n’est pas à négliger et encore moins à ignorer. C’est dans cette logique collective que dit s’inscrire leur action et surtout l’opinion que nous avons d’elle. Les syndicats doivent être représentés de manière encore plus intensive qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent par la seule présence de représentants de l’UNEF et surtout, ils doivent travailler main dans la main car bien que parfois séparés par les idées qu’ils défendent, leur volonté est unique et semblable : améliorer la vie des étudiants dont ils partagent ou non le quotidien et défendre leurs droits. Fort heureusement, nos représentants semblent l’avoir bien compris en proposant des projets souvent proches, dans l’intérêt des étudiants et du partage de leurs idées communes. On entend en effet beaucoup parler des syndicats au moment des élections, mais leur action aurait un impact d’autant plus important si celle-ci était relayée et communiquée au corps étudiant, et ce durant toute l’année.

Pourvu que les élections syndicales, qui semblent bien insignifiantes pour certains, prennent l’importance qu’elles méritent, même si elles ne touchent pas tous les étudiants de la même manière. Ne nous laissons pas dévorer par cet individualisme qui ravage déjà nos pays, ne laissons pas cette tendance aussi s’insinuer dans chaque parcelle de nos vies. Mélodramatique ? Peut-être. Mais si nous reprenons nos classiques, chers sciences pistes, et notamment le Paradoxe de l’action collective de Mancur Olson, on remarque que cette volonté collective est ressentie par tous mais engendrée et surtout concrétisée par une minorité de personnes. Pourquoi ne pas changer et être original pour une fois ?

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