The Talented Mr Ripley – Critique de film

-Par Salma Belabbes pour Cinémentographe

Pour sa première critique de l’année, Cinémentongraphe vous recommande The Talented Mr. Ripley, un film d’Anthony Minghella (1999).

L’intrigue se déroule dans les années 50, à quelques kilomètres de notre campus, sur fond de jazz et de méditerranée.

Le film relate l’histoire de Tom Ripley (incarné par Matt Damon), un jeune new yorkais maître dans l’art de l’escroquerie, qui s’envole vers la Riviera ligure pour ramener Dickie (Jude Law), le fils fougueux d’un riche américain, parti vivre la Dolce Vita en Italie. Tom se trouve ainsi propulsé dans un univers bouleversant de fantasmes et de plaisirs, et tente de se rapprocher de Dickie et de sa fiancée Marge (Gwyneth Paltrow), passionnés de jazz.

La musique, et notamment le jazz, joue un rôle majeur dans ce film. Interviewé par Erik Kloren, Minghella confie d’ailleurs que le film, tel qu’il le conçoit, repose plus sur ce que le spectateur entend que sur ce qu’il voit. Que ce soient les interprétations de classiques, tels que My Funny Valentine par Matt Damon, ou la richesse et l’extravagance des scènes de concert, la bande son est des plus stimulantes et s’accorde parfaitement avec la nonchalance et les divertissements de nos personnages. Personnages dont la passion est d’autant plus prégnante qu’ils sont incarnés par les meilleurs acteurs.

Le casting de ce film est d’une grande qualité : Matt Damon, Gwyneth Paltrow et Jude Law, mais aussi Philip Seymour Hoffman (dont l’interprétation est particulièrement bien réussie) ou encore Cate Blanchett. En plus du jeu d’acteur et de la musique, la réalisation est très aboutie, notamment au niveau de l’esthétique : des plans magnifiques de l’Italie, de sa Riviera à Venise ou encore Rome, des fêtes grandioses, des décors idylliques… Oscarisé pour son film précédent (The English Patient, 1996), Anthony Minghella réussit encore une fois à toucher le spectateur en réussissant avec agilité à adapter le roman éponyme de Patricia Highsmith.

Il réussit notamment à intégrer Meredith (Cate Blanchett) sans pour autant bouleverser l’intrigue. Ce rôle clef est si bien interprété par l’actrice que l’on regrette cependant que le personnage n’ait pas été plus exploité et n’apparaisse pas plus souvent pendant la première partie de l’intrigue.

Pour ce qui est du personnage principal, Tom Ripley, celui du film est beaucoup plus tendre et impressionné par l’extravagance de Dickie dans le film que dans le roman. Ainsi aurait-il peut-être gagné à avoir garder une personnalité plus opaque, plus fascinante. A contrario, le caractère volage de Dickie confère une véritable épaisseur à son personnage, parfois charismatique, parfois à la limite de l’insupportable. Néanmoins, les deux hommes, qui ont en commun un amour pour le luxe, entretiennent une relation ambiguë.  Ainsi, Tom est prêt à s’en prendre de sang-froid à l’homme duquel il est épris pour garder ce secret bien gardé et se transformer en un personnage socialement plus acceptable, aux antipodes du jeune homme homosexuel de petite classe moyenne. Qui plus est, sa tendresse, absente dans le livre qui le présente plutôt comme incapable d’éprouver des sentiments (dans un contexte où la corrélation entre psychopathie et homosexualité était largement acceptée depuis la fin du XIXe siècle) le rend progressivement plus attachant qu’on ne pourrait le croire et permettent d’apporter le dénouement final, dernier instant de suspens et d’intrigue.

Un thriller à regarder de toute urgence pour les passionnés de jazz et d’Italie !

lezadig
lezadig

Latest posts by lezadig (see all)

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *