Tishriin ath-thaani – Édito de novembre

En ce gris novembre, il me semblait à propos de faire appel à cette appellation levantine-chrétienne pour novembre, تشرين الثاني. Suranné, diraient les maghrébins (et quelques autres), pourquoi ne pas embrasser la modernité et simplement dire “noufimber” comme tout le monde? Et puis de toute façon, puisque je ne suis pas arabophone, mon affection pour l’usage d’une langue plus pure et dénuée ne serait-il pas dû à un accès d’orientalisme?

Non, en fait c’est plusieurs choses. J’ai peut être utilisé cette appellation, car j’imagine que c’est probablement ainsi que George Sabra désigne novembre dans sa langue maternelle.   À moins que son passé chez les communistes ne l’ait fait basculé de manière terminale du côté de la modernité; car on n’en revient pas.

Non, on en revient pas! Tishriin ath-thaani, c’est un de ces termes qui restent. Oh, il y en a plein d’autres, mais ils sont tous comme des châteaux de sables, au bout du compte. Le vent les effrite et au bout du compte, on dira tous “noufimber”, orientaliste ou pas. Parfois, on voudrait retenir la marée ou le vent, garder notre beau château bien intact.

Notre château de mots, de langues, de peuples et de sang pur ou de vraie religion.

Un jour, même les hanbalo-wahhabites diront “noufimber”.

Sur ce, bonne lecture!

Raphaël Beauregard-Lacroix

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