Un Mentonnais à Hong Kong – Portrait de 3A

De la perle de la France à la Perle de l’Orient : article sponsorisé par le Lobby International de la Perle

-Par Hadrien Annoye

What the f*ck Hadrien” pensais-je en passant la douane de la région spéciale autonome de Hong Kong. Après un voyage de plus de deux mois à travers la Sibérie, le Japon et Taiwan, je réalisais que mon long (et épuisant) périple était en réalité loin de prendre fin. Je récupérais mon passeport aimablement jeté sur le comptoir par une gentille dame en uniforme, dont le sourire radieux ne manqua pas de manquer. Tâchant tant bien que mal de tirer une lourde valise à travers la foule (qui s’élance et qui danse une folle farandole) quelque peu bousculante des couloirs du métro, mon reflet dans une vitrine me fusille du regard : « Dans quoi tu nous entraînes encore ? »

J-2 avant le deadline de la fameuse « lettre de motivation » de 3A. Niveau motivation, je suis motivé. Niveau Destination, pas encore très destiné. A vrai dire je ne sais même pas encore sur quel continent je souhaite passer ma fameuse troisième année.

Devais-je plutôt m’orienter vers une 3A académiquement stimulante, dans une université prestigieuse, ou m’aventurer en terre inconnue ? A vrai dire, je n’avais aucunement l’intention de choisir. Il me fallait partir loin, mais également m’assurer un certain épanouissement intellectuel (en non bullshit, Université d’Oulan Bator ca sonne pas super bien sur un CV). C’est donc ainsi que se dessina le choix de l’Asie, un continent qui en amateur de mangas et d’animes me passionne depuis fort longtemps (Stereotype Over 9000). Singapour, ville par excellence des étudiants en échange en quête de weekend trips ne m’inspirait rien. Je n’y étais jamais allé, mais j’avais comme l’impression que son environnement réputé aseptisé et ultra-régulé ne me conviendrait pas (je me trompe surement, les 3As à Singapour ont l’air de kiffer un max, petits shout out et coeur sur eux). Après deux ans à Menton, mon esprit avait besoin d’être stimulé dans une grande ville.  J’avais besoin d’une ville qui vive et ne dort jamais, une ville dans laquelle quelques jeunes qui marchent dans la rue un vendredi soir n’entraînent pas une intervention des CRS. Une ville ou je me sentirai à la fois au cœur de la mondialisation, mais aussi dans laquelle je pourrais retrouver les marques d’une certaine authenticité. Le Japon me diriez-vous ? J’y ai fortement pensé, mais les universités locales dispensent peu de cours en Anglais, à l’exception de la Keio University.

Xiāng găng le port parfumé, la perle de l’Orient, Hong Kong.  J’étais étrangement attiré par cette ville, par ce nom. Je n’étais jamais allé en Chine, et mes connaissances sur Hong Kong étaient majoritairement superficielles. Sans aucune autre source que les fameux rapports de 3A, j’inscris à tout hasard l’université de Hong Kong au sommet de ma liste, et elle y restera.

De ses temples colorés à ses bâtiments coloniaux de caractère, en passant par ses innombrables musées et galeries, Hong Kong ne manque pas de choses à faire et à voir. La journée, les rues sont balayées par une marée humaine crachée par les bouches du métro, envahissant les trams à deux étages, s’engouffrant dans les grattes ciels et commerces du centre ville, et créant un réel océan de bruits et d’odeurs en tous genre. Les rues ne désemplissent pas une fois la nuit tombée. Les troupeaux de travailleurs laissent placent aux hordes de festoyeurs venus rentabiliser les all-you can drink dans les innombrables bars de la ville après avoir perdu des sommes considérables aux courses hippiques. Niveau Nourriture, la street food ne laisse rien à désirer, et je pourrais me nourrir de Dim Sum et de Bubble Tea toute ma vie. J’aime manger, surtout quand c’est bon. Et là, c’est vraiment bon.

Hong Kong c’est une ville dans laquelle on peut voir un opéra traditionnel cantonais le matin, et un ballet classique le soir (je le dis parce que je l’ai fait). C’est une ville dans laquelle on peut explorer des villages reculés de l’arrière pays, escalader des montagnes puis prendre un cocktail dans le bar le plus haut du monde. C’est une ville de contrastes, une ville dans laquelle on se promène et on trouve sans cesse de nouvelles choses à faire et à voir. C’est une ville qui bouge, une ville qui stresse et qui bouscule, certes, mais une ville qui vit, qui chante et qui séduit.

Mon premier semestre à HKU aura été pour moi l’occasion de créer de nouvelles amitiés avec des étudiants du monde entier. Les locaux sont plus difficiles d’accès, mais une fois certaines barrières franchies, ils deviennent les meilleurs guides que l’on puisse espérer. Certes, ma maîtrise limitée du cantonnais restera toujours un obstacle pour m’intégrer complètement, mais j’ai eu la chance de croiser le chemin d’individus d’horizons variés qui m’ont fait voir le monde à leur manière. En tachant de toujours rester curieux, et ouvert aux imprévus, j’ai eu l’occasion d’être entraîné dans des aventures que je n’ai pas la place de détailler ici.

Ca va de nouveau faire très stéréotypé, voire bullshit, mais je dois reconnaître que j’ai énormément appris sur moi même en me retrouvant seul face à l’inconnu. Je me suis plu à Hong Kong, mais j’ai surtout compris que je pourrais me plaire n’importe où. J’ai compris que chaque petit bout de notre monde renferme une infinité de trésors; si on se prête à les voir. De la Perle de la France à la Perle de l’orient, le début d’un beau collier.

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