Opinion: une région accueillante ?

Breil-sur-Roya de Gilles Tagada, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Par Tommaso Maro

Elle se décrit comme « humaniste ayant pris la mesure des problématiques sociétales engendrées par le phénomène migratoire ». Elle a été élue à l’occasion des élections législatives de juin 2017 pour La République En Marche !. Au deuxième tour, elle a battu le rassemblement de droite d’Olivier Bettati dans la 4ème Circonscription des Alpes-Maritimes, avec 52,74% des voix.

Et alors? Ce n’est pas une devinette. Il s’agit d’Alexandra Valetta-Ardisson. Et la 4ème Circonscription des Alpes-Maritimes est celle de la vallée Roya, de la ville de Menton, et bien sûr… de la frontière franco-italienne. Cool ! « Révolution, révolution, révolution ! ». Enfin, le courant progressiste et innovateur d’Emmanuel Macron et son immanquable ouverture à l’Europe vont changer la situation à la frontière et améliorer la condition des migrants ! Ou… peut-être pas ? D’ailleurs, « la France n’a pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde », affirme-t-elle dans une interview pour Nice Matin du 26 septembre, une interview stimulante, riche d’idées et de directions issues de la politique nationale.

Donner assurance et protection à la population contre l’invasion terroriste de la France : voilà la priorité!

En effet, à peu près un mois avant la fin légale de l’état d’urgence imposé depuis 2015, à travers les mots de l’élue En Marche!, on découvre que « l’Etat a rempli 100% des objectifs fixés » en matière de solutions d’accueil pour les migrants. Quelle jolie nouvelle ! Mais il ne faudrait pas s’étonner, vu que « 95% des personnes qui tentent illégalement de passer sont reconduites à la frontière, donc le système fonctionne ». Mais quel système ? Celui d’accueil ? Mais non, mes chers lecteurs. Le système que l’autre système (celui plus haut dans la hiérarchie) suggère et impose, après une conciliante rencontre de Valetta-Ardisson avec la conseillère en immigration et le chef du cabinet du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

En effet, comment ne pas reconnaître les incroyables efforts de la police à la gare de Menton-Garavan ou les regards sérieux des militaires au poste de frontière? Donner assurance et protection à la population contre l’invasion terroriste de la France : voilà la priorité! Pour cette raison, continue Alexandra Valetta-Ardisson, « la frontière restera fermée ». Car oui, mes chers lecteurs, il ne faut pas se mentir : « on sait d’avance que pour une bonne majorité, ils ne rempliront pas les critères de réfugiés ». Pour quelle raison accepter donc des centaines de migrants qui veulent passer en France ? Tu peux essayer de passer, mais on va sûrement refuser ta demande d’asile ou de protection humanitaire pourrait être la nouvelle affiche de bienvenue à Menton. Les migrants économiques ne sont pas la priorité, sauf s’ils investissent leur argent sur le territoire français.

Et les autres ? Valetta-Ardisson nous donne la réponse : « Ils vont être obligés de retourner d’où ils viennent, en Italie » ! Car dans la joie et le bonheur du nouveau projet européen mené par La République En Marche! l’Italie c’est la France mais la France…ce n’est pas l’Italie. Heureusement que « Gérard Collomb et le Président de la République ont une réflexion européenne, voire mondiale, par rapport à la Libye ». Quelle semble donc être la solution ? Les aider chez eux, bien sûr, et s’enfermer dans une bulle de fausse protection. Loin des yeux, loin du cœur comme dit le proverbe italien. Pas de violations de la loi, pas de violence qui ne soient légitimées par l’État. De plus, les militaires de frontières « sont des hommes qui traitent avec toute l’humanité possible des gens malheureux ». Les rapports d’Amnesty International confirment !

Enfin, le changement politique que tout le monde attendait ! Mais du coup, pourquoi est-il impossible de trouver ce mot, “accueil”, parmi les réponses de l’élue de la 4ème Circonscription ?

Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les opinions du journal Le Zadig et de son équipe éditoriale.

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