XXIe siècle : Femmes-objets et médias.

par Myriam Amri

Loin de moi l’idée de faire un article de féministe-frustrée pour m’indigner contre l’inégalité hommes-femmes. Là n’est pas mon but.

Néanmoins, je voulais partager avec vous une observation concernant la vision que la publicité et les médias de masse montrent des femmes.

Il est de notoriété publique que les publicités, les médias de masse jouent sur les clichés pour déclencher une réaction chez le spectateur, qu’elle aille du sourire entendu à l’indignation. Néanmoins -et à mon humble avis- le monde de la communication va aujourd’hui chercher son « inspiration » de plus en plus dans la provocation à outrance jusqu’à rendre l’individu en face mal à l’aise et gêné.

Cette stratégie de communication choc s’applique tout particulièrement dans la vision que le monde du « mass-media » transmet des femmes.

Les publicités, les médias, la télévision, la musique, le cinéma .. caricaturent jusqu’à ce que devienne absurde l’image de la femme et mettent en avant le stéréotype de la femme belle, blanche et mince. Ils montrent une femme-objet, qui apparaît plus comme un très très joli meuble de décoration qu’autre chose. Et cela va du clip de rap, en passant par la publicité pour la voiture pour arriver aux block-busters d’Hollywood. De plus, à l’heure où le monde est plus que jamais connecté, la règle ne semble plus être l’apanage de l’Occident mais bien à une grande partie du monde, des séries mexicaines aux chansons libanaises en passant par les pubs pour le chocolat au Japon.

Derrière ces clichés qui paraissent peut-être inoffensifs, voir même amusants transparait tout de même l’image de la femme passive, dont l’existence d’un cerveau ne parait pas être une fonction nécessaire, et tout ça donne un système entier fait de stéréotypes que l’on croyait disparu avec les combats féministes, la projection faite sur des femmes tel que Simone de Beauvoir, Coco Chanel et tant d’autres.

Je sais bien que les médias n’ont pas pour but dans la vie de transmettre la réalité et ne sont d’ailleurs pas les messagers de la vérité certaine et indubitable mais ces clichés peuvent tout de même être une source de danger. Je pense à tous les enfants scotchés devant la télévision ou leur ordinateur qui voient défiler ces images ? Ont-ils réellement la distance nécessaire pour voir que la réalité est bien différente ?

Au-delà même de ce problème se pose celui des normes que la société tente de nous imposer. L’effet médiatique ne tend ici qu’à amplifier le résultat des normes sociales et des rôles que nous attribue la société. Il ne s’agit plus ici de normes cherchant à garantir une cohésion au sein de la communauté mais plus un moule ou chaque sexe, chaque individu devrait s’insérer à tel point que « les déviants » seraient -ce que la langue anglaise à très bien su définir- des « outcasts », des parias de la société montrés du doigt.

Enfin, cette constante défiguration de la réalité par les médias pose aussi les questions de nos limites face à toutes ces informations que l’on reçoit. A force de se faire bombarder par toutes ces images, ces clichés deviennent « normaux », on les assimile. Mais jusqu’où pouvons-nous « normaliser » ce matraquage ? N’y a t-il pas une ligne rouge à ne pas franchir si l’on ne veut pas remettre en cause la dignité de l’homme, le respect de l’humanité. Je m’étonne par exemple que certains trouvent normal de faire des campagnes publicitaires avec des fillettes de dix ans qu’elles habillent et transforment en objets sexuels dans le seul but d’attirer l’attention. (Cf, la campagne polémique de Vogue en 2010 : http://medias.lepost.fr/ill/2011/12/09/h-20-2656772-1323428896.jpg)

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